François Hollande a accordé ce dimanche une grâce partielle à Jacqueline Sauvage. Cette femme de 68 ans avait été condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari violent et incestueux.

Le chef de l’Etat a tranché ce dimanche.  » Le président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille « , a précisé la présidence, soulignant que Jacqueline Sauvage est graciée  » de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois ainsi que de l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir  » et qu’elle peut ainsi demander sa libération conditionnelle  » immédiatement « .

Rappelons les faits. Jacqueline Sauvage avait été condamnée à 10 ans de prison en décembre dernier lors de son procès en appel pour avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012. Le mari, alcoolique, la battait régulièrement et avait même abusé sexuellement de ses enfants. La veille de l’homicide, leur fils s’était suicidé.  » Notre père est décédé et pour moi, c’est un soulagement « , avait déclaré l’une des filles à la barre.

Jacqueline Sauvage lors de son procès en appel en décembre 2015 pour le meurtre de son mari, au tribunal de Blois. PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE/MAXPPP

Jacqueline Sauvage lors de son procès en appel en décembre 2015 pour le meurtre de son mari, au tribunal de Blois. PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE/MAXPPP

Mais cette grâce présidentielle n’efface pas totalement les condamnations de Jacqueline Sauvage en première instance et en appel. Le Président de la République a tenu à prendre une décision « dans le respect de l’autorité judiciaire », selon son entourage.

Une forte mobilisation de soutien

L’affaire avait ému l’opinion publique. Une importante mobilisation de soutien à cette femme de 68 ans s’était constituée, réunissant notamment la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l’écologiste Daniel Cohn-Bendit et le porte-parole du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.

Ses défenseurs soutenaient que la légitime défense devait être retenue dans cette affaire. Mais les juges avaient livré une analyse différente, considérant que la proportionnalité de la riposte et la concomitance de l’acte – deux éléments essentiels à la légitime défense – n’étaient pas réunis. L’association Osez le féminisme avait dénoncé un « déni de justice ».

Alors les filles Jacqueline Sauvage s’étaient tournées en dernier recours vers le Président de la République, seul capable de réhabiliter leur mère. Ce dernier les a reçues vendredi, en plus des avocates de la vieille dame. « Il les avait écoutées longuement et avait décidé de se laisser le temps de la réflexion, en fait le week-end », a expliqué à l’AFP l’entourage de François Hollande.

Image en Une : lexpress.fr