Après la demande d’un plan Vigipirate « alerte attentat », le député-maire Christian Estrosi continue de vouloir prendre les choses en main à Nice. A la fois fédérateur et défenseur de la sécurité publique, il a réuni le 19 janvier dernier un conseil municipal exceptionnel afin de définir les politiques à adapter sur la capitale azuréenne en matière de lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

Nice : capitale de la vidéosurveillance

« Si Paris avait été équipée du même matériel que nous, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être repérés », certifie Christian Estrosi.

Une des mille caméras déployées dans Nice. Crédits photo : afp.com/Valery Hache

Une des mille caméras déployées dans Nice.                                               Crédits photo : afp.com/Valery Hache

Avec plus d’une caméra pour 250 habitants, contre une pour 2000 habitants à Paris, Nice est devenu la ville française emblématique de ce mode de sécurité urbaine. La millième caméra ayant été posée la semaine dernière, ce fut l’une des mesures phares de ce conseil municipal exceptionnel.

20 nouvelles caméras sont à venir au cœur de la ville (pour un coût estimé à 400 000€), les rames de tramway en seront aussi équipées et, désormais, les images issues de caméras privées des bailleurs sociaux seront transmises au Centre de Supervision Urbain.

Estrosi, protecteur des niçois 

«C‘est bien d’urgence qu’il s’agit […] un certain nombre de faits nous imposent de prendre des mesures immédiates.» annonce Christian Estrosi sur France Inter

Le 12 janvier dernier, Christian Estrosi devant l’ensemble des policiers municipaux.         www.christian-estrosi.com

 

Un des dizaines de militaires postés dans Nice, armés de FAMAS

Un des dizaines de militaires postés dans Nice, armés de FAMAS

Désireux de mesures anti-terrorisme nationales concrètes depuis la dernière série d’attentats, le maire de Nice prend d’abord les choses en main en matière de sécurité locale. Des dizaines de militaires déjà déployés devant les lieux de culte, chacun hébergé dans des locaux réquisitionnés pour le Ministère de l’Intérieur. Mais il en faut apparemment davantage au député UMP pour installer un climat de sécurité (ou de tension) dans cette ville multiculturelle.

 

L‘ensemble du capital humain des dispositifs de sécurité municipaux et nationaux, tous équipés de gilets pare-balles, sont mis a disposition du Préfet pour assurer sa mission de sécurité intérieur. Aussi, les lieux à hautes fréquentations, possèdent dorénavant un bouton d’alerte directement connecté à la centrale policière. Le conseil a aussi décidé d’assurer la sécurité sur la toile : la cyber-protection, soit celle des sites internet publics, avec un usage des connections sous contrôle.

Prévention et détection 

«La guerrre n’est pas qu’en Irak, la guerre est aussi en France. Dans des caves, dans des garages, dans des appartements.» Christian Estrosi en octobre 2014

Mesures exceptionnelles de la ville de Nice dans la lutte contre le terrorisme.

Mesures exceptionnelles de la ville de Nice dans la lutte contre le terrorisme.

Pas de sécurité efficace sans détection au préalable. Entre attentats déjoués et victimes déradicalisées, Nice nous a prouvé que ça, elle sait faire. Depuis qu’une famille de onze personnes a quitté la ville en octobre dernier, une cellule d’écoute spéciale « Syrie » a ouvert ses lignes. Dès février, une maison d’accueil aux victimes d’endoctrinement viendra s’ajouter à ces mesures de détection, et s’appuiera sur le groupe d’intervention anti-terrorisme déjà en place.

Le député-maire de Nice demande au Préfet « une fermeté totale pour les établissements qui inquiètent et troublent la tranquillité des riverains », et invite même le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve à prendre « des mesures fortes ».

Priorité à l’éducation

«L‘Education Nationale doit veiller à ce que de tels dérapages ne se reproduisent plus et de faire primer le dialogue dans des cas similaires» Najat Vallaud-Belkacem suite à l’affaire niçoise d’Ahmed, 8 ans.

Des élèves dans le couloir de leur école. Crédits photo : Jeff Pachoud AFP

Des élèves dans le couloir de leur école.                                     Crédits photo : Jeff Pachoud AFP

Pas de lutte contre le terrorisme optimale sans toucher à l’éducation. Et le cas du jeune Ahmed a mis en exergue cette nécessité. En effet, il a été convoqué au commissariat de Nice pour « apologie du terrorisme » : une décision des responsables de l’établissement largement soutenue par les politiques français, comme Najat Vallaud-Belkacem, Eric Ciotti, Chantal Jouanno…

3 mesures phares ont été adoptées dans l’optique de limiter, voire d’éradiquer la radicalisation. Tout d’abord, la création d’un livret de citoyenneté qui suivra chaque enfant durant leur scolarité, incluant une vérification des connaissances régulière. Dans le même objectif de sensibilisation aux valeurs républicaines, 45 minutes sur les temps d’activités périscolaires seront destinées à des cours d’instruction civique et leur mise en pratique. Enfin, au cœur des quartiers « sensibles », l’action éducative et sociale tend à être renforcée, comme cela aurait dû l’être depuis déjà bien longtemps.

Malgré que la radicalisation est généralement construite sur un manque de sentiment d’appartenance (familial ou national), l’ensemble des engagements faits par les politiques, à n’importe quelle échelle, ressemble bien à celles déjà promises depuis l’affaire Mohamed Merah. Nice, la première ville française à fournir le djihadisme, et son maire, tentent de prendre les choses en main, que ce soit en vue d’un idéal sécuritaire ou carriériste.