Des gueux dans le 16e ! L’idée d’une telle structure dans l’arrondissement privilégié de la capitale avait suscité l’effroi et la grogne des riverains. Malgré les violentes revendications des consternés, le projet aura finalement bien lieu.

Ils arrivent ! En septembre prochain, un centre d’hébergement d’urgence destiné à accueillir les personnes sans-abri de la capitale ouvrira dans le 16e arrondissement. Paradoxe insupportable pour la population distinguée, craintive à l’idée que de tels individus viennent salir l’air des beaux quartiers. 

Les panneaux de construction brûlés trois fois

L’annonce du projet avait provoqué l’ire collective des habitants. Panique dans les chaumières ! Les pouilleux désargentés feront bientôt partie du paysage. Organisée le 14 mars dernier, une réunion d’information dédiée à l’ouverture du centre d’accueil avait rapidement tourné cosaque. Un millier de sabreurs pécunieux s’était introduit dans l’amphithéâtre de l’Université Paris Dauphine, bravant la sécurité et en enfonçant quelques portes sur leur passage. Aux sifflets hargneux s’ajoutaient de délicats « salope », « menteur », « collabo »,  » vendu » ! Par souci de sécurité, l’adjoint au logement de la maire de Paris Anne Hidalgo avait finalement interrompu l’assemblée. À la même période, les panneaux annonçant l’attribution du permis de construire furent brûlés à plusieurs reprises.

Des risques de vandalisme

Le site verra le jour entre le Bois de Boulogne et les boulevard des Maréchaux. Financé en partie par l’Etat, à hauteur de quatre millions d’euros, et par la ville de Paris à hauteur de 800.000 euros, le centre d’hébergement pourra accueillir environ 200 personnes. Au vu des réactions virulentes qui avaient accompagné l’annonce de l’ouverture, le président du Samu social Éric Pliez craint le pire lorsque l’établissement sera réellement en fonction. Ça ne fait aucun doute, les envahis risquent de se montrer gaulois ! Ne vont certainement pas laisser l’ignominie fleurir dans les fastueux espaces verts, joncher les trottoirs seyants. Ils se battront corps et âmes, vandaliseront les infrastructures jusqu’à ce que leurs terres opulentes retrouvent leur propreté originelle.

Le 16e arrondissement, maison-mère de la haute sphère parisienne, sera lui aussi bientôt soumis à la dictature du « vivre ensemble, vivre mieux ».