C’est avec éclat qu’Alstom débarque dans l’actualité de ces derniers jours. L’entreprise Alstom et son usine de TGV à Belfort fait partie de ces « champions nationaux », que la France tente à tout prix de préserver pour assurer son rayonnement économique et industriel. Et pourtant, suite à un projet de restructuration, l’entreprise traverse une crise sociale qui peut nuire durablement à son activité. Son projet de plan social et de fermeture de l’usine Belfort en 2018 retenti comme une défaite de l’Etat.

Un dossier brûlant

L’affaire s’impose comme un dossier industriel déterminant, ce qui n’est pas à négliger dans la perspective de l’élection présidentielle. Comme tous les « champions », Alstom se repose grandement sur la redevance étatique. Et parfois elle en vient à fricoter avec les limites de la décence selon certains.

10 jours pour sortir la tête de l’eau

Christophe Sirugue, le secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, a expliqué que le gouvernement se donnait 10 jours pour dégager des solutions concrètes. Par une intensification des commandes publiques de TGV, ou alors en contraignant l’entreprise à conserver une antenne à Belfort pour alléger la brutale restructuration. Ce à quoi les syndicats le pressent, soucieux de protéger les situations de nombreux travailleurs qui risquent d’être livrés au désarroi économique si le site venait à fermer.

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Une vitrine médiatique pour les politiques

Derrière le drame social qui pointe le bout de sa crise, c’est évidemment une merveille opportunité pour les politiques. Comme cela le laissait présager, la cascade de critiques doublées de leurs promesses a déferlée sur la scène médiatique. Ce type d’opportunisme est une manœuvre vieille comme la politique, Hollande l’avait d’ailleurs actionnée en 2012 contre Sarkozy, au sujet de l’usine de Gandrange (appartenant au groupe sidérurgique Arcelor-Mittal).

Le dilemme du gouvernement

Le gouvernement devra donc résoudre ce dilemme socio-politique, et développer son sens du sacrifice. C’est soit la paix sociale liée au sort des travailleurs, soit l’asservissement aux intérêts économiques des grands industriels. Soit le bien-être social soit la rentabilité pour qui l’aspect humain est un handicap.  Nier le choix et chercher l’équilibre a coûté cher à Sarkozy, entre autres, mais incomparablement plus aux travailleurs.

Alors qu’en 2012, Le Canard Enchaîné supposait que le gouvernement avait fait pression sur les grands patrons pour qu’ils retardent leurs plans sociaux pour ne pas « biaiser » l’élection ; le gouvernement d’aujourd’hui n’a d’autres choix que de prendre le taureau par les cornes. Puis, en toréador aguerri, il saura se dérober au problème en s’assurant la bénédiction du public. En noyant le taureau par les cornes, en somme.

Crédit photo à la Une : L’Express