Berlin a inauguré vendredi une mosquée libérale et progressiste accueillant hommes et femmes, sunnites, chiites ou alévis, homosexuels ou transsexuels. 

 

Lieu de culte ouvert à tous

Huit années de négociations ont été nécessaires pour arriver à cette inauguration mais c’est aujourd’hui chose faite. Le lieu de culte, installé dans un bâtiment de la communauté protestante, a été inauguré vendredi en présence d’une des rares femmes imams du monde, Ani Zonneveld (qui est Américano-Malaisienne).

Seyran Ates, co-fondatrice de la mosquée et avocate et militante des droits des femmes très connue en Allemagne, a déclaré : « nous voulons lancer un signal contre la terreur islamiste et le détournement de notre religion. C’est important d’être unis sous le toit de notre lieu de prières. ». Celle-ci avait été critiquée par les conservateurs pour avoir appelé l’islam à une révolution sexuelle.

Cette mosquée se veut ouverte à tous, que l’on soit sunnite ou chiite, hétérosexuel ou homosexuel, homme ou femme. Tout le monde prie ensemble et célèbre un islam moderne et sans tabous. Certains portent le voile, d’autre pas, il n’y a pas d’obligation. La prêche est en allemand.

Cependant, une règle a été adoptée : les personnes portant un niqab ou une burqa ne peuvent pas y entrer. En effet, pour Seyran Ates, se voiler le visage se rapporte plus à une attitude politique qu’à une croyance religieuse.

Ce lieu de culte musulman, qui s’ajoute aux quelques 80 mosquées de Berlin, n’est pour l’instant qu’une petite salle de 90 mètres carrés. Mais il n’est pas exclu qu’on l’agrandisse s’il recense beaucoup de fréquentation.

 

Contexte de tension

Dans ce contexte de tension et de terrorisme qui propagent l’islamophobie, la sécurité des musulmans souhaitant prier dans cette mosquée est prioritaire. Des policiers ont donc été placés à l’entrée du bâtiment, même si les fondateurs assurent n’avoir reçu aucune menace à ce jour. Ils savent cependant que leur vision de la religion et leur ouverture ne sera pas vue comme quelque chose de positif par tout le monde.

Seyran Ates vit aujourd’hui sous protection policière et a dû interrompre ses activités depuis qu’elle a défendu des victimes de crimes dits d' »honneur ». Elle ne se décourage néanmoins pas puisqu’elle va bientôt entamer des études de théologie islamique pour devenir la première femme imam d’Allemagne (d’après Libération).

La sécurité est également la priorité étant donné que l’Allemagne a déjà été la cible d’attaques djihadistes, notamment le 19 décembre 2016 lorsqu’un camion-bélier a fait douze morts sur un marché de Noël dans la capitale. D’autant plus qu’un attentat a fait plusieurs blessés et un mort à Londres hier soir et a visé des fidèles qui sortaient d’une mosquée.

Seyran Ates, qui est en contact permanent avec la police, a d’ailleurs affirmé : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir un niveau de sécurité maximal ». Aucun risque n’est donc mis de côté.