Ce mercredi 27 mai 2015, le Conseil d’analyse économique (CAE) a donné une conférence de presse pour présenter sa nouvelle note intitulée « A la recherche des parts de marché perdues », publiée le même jour. Cette note analyse les facteurs pouvant expliquer la mauvaise performance de la France à l’exportation. Les auteurs de cette note (professeurs à Sciences Po, à la Paris School of Economics, membres du CEPII ou de la Banque de France) ont ensuite formulé des recommandations afin d’améliorer la position de la France dans le commerce mondial.

Le CAE a donc publié une note ce mercredi 27 mai 2015 afin de comprendre les mauvaises performances de la France à l’exportation. En effet, alors que l’arrivée sur les marchés mondiaux de nouvelles puissances économiques fait mécaniquement diminuer les parts de marchés des économies avancés, la part de marché française à l’exportation diminue davantage encore que celles des autres pays européens. Les auteurs de cette note tentent de comprendre pourquoi.

COMMENT LA FRANCE PERD SES PARTS DE MARCHE ?

Entre 2006 et 2014, la France voit sa part dans les exportations mondiales de biens reculer en moyenne chaque années de 3,2%, contre seulement 1,7% pour l’Allemagne. Selon les auteurs, cette meilleure performance de l’Allemagne s’explique exclusivement par des effets de compétitivité pure, et non par un meilleur positionnement géographique ou sectoriel. En clair, les mauvaises performances françaises  l’exportation sont liées à un « rapport qualité-prix » insuffisant et pas à un mauvais positionnement pays ou produits.

LES RECOMMANDATIONS DU CAE

C’est sur le front de la compétitivité prix (lorsque la compétition porte sur le prix du produit) et hors prix (lorsque la compétition porte la nature du produit) que les efforts doivent se porter. Selon les auteurs, la compétitivité est l’affaire de tous, pas simplement des secteurs exposés à la concurrence internationale. L’ensemble de l’économie participe à la construction de la compétitivité prix via les coûts directs et indirects, et la compétitivité hors prix via l’émergence des entreprises les plus productives. Les auteurs insistent en particulier sur le rôle des ré-allocations de main d’œuvre (facilité avec laquelle les travailleurs peuvent changer d’emploi) entre secteurs et, au sein de chaque secteur, des entreprises les moins productives vers les plus productives. C’est un enjeu clé des réformes du travail comme des marchés de biens et services.

Les auteurs recommandent donc tout d’abord d’évaluer l’impact du Crédit d’Impôts pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) sur la dynamique des salaires. Si une forte croissance des salaires relativement élevés est constatée après la mise en place du CICE, il faut concentrer les allègements de charges sociales sur les bas salaires. Ensuite, il est nécessaire de faire de la défense de la propriété intellectuelle une priorité dans les négociations internationales. Enfin, dans les arbitrages sur les réformes dites « structurelles », il faut prendre explicitement en considération l’impact de ces réformes sur la ré-allocation des facteurs de production (travail et capital) vers les entreprises les plus productives.