Les chauffeurs de transports collectifs à la demande et autres voitures de tourisme ont investi le périphérique parisien ce jeudi pour protester contre les mesures financièrement contraignantes qui leurs sont nouvellement imposées.



Une manifestation spontanée réunissant LOTI (transports collectifs à la demande) et VTC (voitures de tourisme) ralentissait la circulation sur le périphérique jeudi matin. Aucune organisation n’avait préalablement ni officiellement appelé à cette mobilisation, ce qui a le don d’agacer certains utilisateurs et travailleurs qui empruntent le périphérique.

Désignés par les syndicats de taxis comme étant une concurrence déloyale, les entreprises de VTC accusent aujourd’hui les taxis de vouloir les empêcher d’exercer correctement leur profession. Cette attitude des entreprises type Uber ou Heetch est vue comme une provocation pour les conducteurs de taxis.

Les emplois de VTC sur la sellette ?
Ce matin, près de 70 véhicules encadrés par des policiers roulaient au ralenti sur le périphérique parisien en direction de la Porte de Clignancourt. Dans un cortège qui se veut pacifique, les professionnels du VTC laissaient entrevoir des banderoles, dont une sur laquelle était inscrit « Touche pas à mon emploi », relate une journaliste de l’AFP présente sur place.

Les taxis « veulent nous prendre notre boulot, ils veulent nous tuer » proclame un des chauffeurs. « Ils veulent nous empêcher de travailler, on ne va pas se laisser faire ». 



En effet, Uber vient en effet d’être condamnée à verser 1,2 million d’euros à l’Union nationale des taxis (UNT). « Cette décision fait suite à une affaire portée par un syndicat de taxis et concerne l’information des chauffeurs de l’obligation de ‘retour au garage’ imposée aux véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) par la loi Thévenoud depuis octobre 2014 », a expliqué un porte-parole de la compagnie.

Cette loi implique que « Lorsqu’ils ne sont pas en course, les VTC doivent se diriger vers leur garage ou un parking situé hors de la voie publique ». L’UNT reprochait à Uber de ne pas appliquer cette directive, conduisant les voitures à pratiquer une forme de « maraudage » susceptible de mettre à mal la profession de taxi. « Manifestation, circulation cortège à l’arrêt sur le périphérique intérieur porte de Clignancourt« , indiquait la préfecture de police de Paris dans un tweet au alentours de 10h.

Le cortège doit par la suite prendre la direction de la place de la République, où l’association Alternative mobilité transport (AMT), regroupant des chauffeurs spécialisés dans les transports collectifs, avait appelé à un rassemblement pacifique en milieu de matinée.

« Une provocation » du gouvernement à l’encontre des VTC

Le président de l’AMT (L’Agence métropolitaine de transport), Joseph François a tenté de se justifier auprès des utilisateurs et a insisté sur le fait que son organisation n’avait pas appelé à un blocage du périphérique mais uniquement à un regroupement pacifique.

Hier, il avait été reçu en audience une heure et demie durant par le cabinet de Manuel Valls afin de discuter des mesures, annoncées vendredi, mesures visant à lutter contre l’utilisation détournée des licences de chauffeurs LOTI par les plateformes VTC.

En revanche, Joseph François dénonce que le fait que Manuel Valls ne les ait pas reçus en personne « a été perçu comme une provocation ».

Contactés par l’AFP, plusieurs dirigeants de plate-formes de VTC ont confirmé l’existence de problèmes de circulation, sans pour autant pouvoir préciser qui étaient exactement les manifestants. Cette manifestation fait écho à la manifestation des taxis de la semaine précédente. « Une partie des chauffeurs ont visiblement décidé d’appliquer des mesures qui ont porté leurs fruits la semaine dernière », ajoute M. François.

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