Donna Mills fait une apparition dans Sharknado 4. Retour sur ce qu’a été son parcours et gros plan sur son personnage emblématique d’Abby dans la série Côte Ouest.

Ian Ziering, Frankie Muniz, David Hasselloff, Bo Derek, Lorenzo Lamas, Lou Ferrigno, Gena Lee Nolin, Alexandra Paul … La saga Sharknado est devenue le repaire des ex-gloires de la télévision américaine en manque de reconnaissance. Alors que le quatrième épisode vient d’être diffusé sur SyFy et après trois volets qui se disputaient la palme du nonsensique, arrêtons-nous sur l’une des comédiennes qui apparaît dans l’un des caméos de cette année : la renversante Donna Mills et notamment sur son rôle d’Abby dans Côte Ouest. Car si on l’a vu ailleurs par moments, c’est ce rôle qui lui valut la consécration internationale.

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Elle est belle, elle est blonde, elle est séduisante et lorsqu’elle débarque dans le voisinage de Knots Landing où habitent son frère Sid et sa belle-sœur Karen, avec ses deux enfants sous le bras, Olivia et Brian, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Mais il faut se méfier de l’eau qui dort. Celle qui s’appelle encore Abby Cunningham à cette époque semble d’une gentillesse confondante, serviable, amicale, tout l’entourage des Fairgate tombant sous le charme de cette fille qui n’est pas encore la femme sophistiquée qu’elle deviendra et qui s’apparente plus alors à une girl’s next door lambda. Tous sauf Karen qui la connait depuis leur adolescence et qui sait qu’Abby peut, sous son air avenant, jouer des coudes pour parvenir à ses fins. Knots Landing vient d’achever une première saison cahin caha lorsque ce personnage fait son apparition et va bousculer la hiérarchie d’une distribution préétablie, pour s’accaparer la place centrale pendant neuf ans de la gigantesque partie d’échec que va devenir la série aux 14 saisons. Car Abby va vite abattre son jeu et dévoiler toute une palette de traits de caractère qui vont en faire une femme à la fois détestée et désirée, admirée et redoutée. Pour parvenir à grimper les échelons qui vont la faire passer de la ménagère-mère au foyer qu’elle refuse de devenir à la femme fatale , elle va tisser sa toile et y faire tomber le naïf Gary Ewing, qu’elle va littéralement voler à sa femme Valene, dès lors qu’elle comprendra qu’Ewing rime avec millions de dollars. Opportuniste, perfide, prête à tout pour gagner un pouvoir qu’elle pense mériter.Gary n’y verra que du feu et en fera sa femme. Si leur relation semble empreinte d’une complicité totale et d’un amour véritable, on découvrira vite que les sentiments d’Abby se délitent rapidement dès lors que son partenaire marque le moindre signe de faiblesse où qu’il perd de sa superbe. Sans scrupules, elle n’hésitera pas à détourner une partie de l’argent des Entreprises Ewing à son profit, parvenant toujours à reconquérir Gary in-extremis, sa duplicité étant sans commune mesure. Jusqu’à ce que Gary ouvre enfin les yeux sur sa véritable personnalité et ne la quitte.

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Par la suite, Abby enchaînera les amants, n’hésitant pas à faire du charme ou à entretenir un pseudo espoir chez des hommes qui voudraient la mettre dans leur lit mais où elle n’ira jamais. Elle deviendra également, par ses capacités de rebonds et sa froideur dans le business une redoutable femme d’affaires, tantôt dirigeant une chaîne de télévision locale, tantôt à la tête d’un empire financier international. Sa cupidité et sa soif inextinguible d’atteindre les plus hauts sommets quitte à enfoncer ses talons aiguilles dans le cœur de ses adversaires la verra plus souvent qu’à son tour franchir la ligne blanche de la morale, une notion toute relative pour cette femme au caractère bien trempé et qui s’efforce de ne jamais laisser sa carapace s’effriter devant les autres.

Si Abby semble dénuée de cœur et de compassion, elle a pourtant éprouvé de véritables sentiments pour Gary et l’amour qu’elle porte à ses enfants est plus fort que tout. La relation orageuse qu’elle entretient avec sa fille ne l’empêchera pas de tout faire pour que cette dernière décroche de la drogue et elle n’hésitera pas à endosser la responsabilité d’un meurtre pour disculper Olivia. Elle lui coupera les vivres pourtant quand elle épousera Harold Dyer, mais son amour pour ses enfants ne sera jamais pris en défaut. De même la complicité très forte qui la lie à sa nièce Diana n’est pas feinte et elle s’efforcera toujours de lui apporter son soutien, quitte à s’opposer violemment à Karen face à qui elle devra livrer de violents duels verbaux au fil du temps. Abby est souvent dépassée par des événements qu’elle a provoqués mais dont elle ne souhaitait pas qu’ils prennent des proportions démesurées et si elle s’efforce parfois d’essayer d’arranger les situations c’est souvent à sa manière et à son avantage. Malgré cette force de caractère, celle qui peut réagir aussi vite qu’un cobra si elle est poussée dans ses derniers retranchements conserve pourtant une part d’humanité qui facilite l’attirance et l’empathie que l’on éprouve à son égard. Capable de se transformer un temps en midinette lorsqu’elle retrouve un de ses amours de jeunesse ou de se faire épouser par Greg Sumner pour un mariage d’intérêts réciproques, Abby sait souffler le chaud et le froid et le fait mieux que quiconque dès lors qu’elle doit louvoyer pour préserver ses acquis. Elle peut être impitoyable en affaires et sa rivalité avec Paige en sera l’une des plus marquantes illustrations. Elle finira par frayer avec des gens peu recommandables, parvenant à chaque fois à s’extirper de situations qui semblent sans issue, par une pirouette à son avantage.

Interprétant avec une sensualité ébouriffante cette femme qui est l’incarnation même de la répulsion et de l’attraction tant par l’ignominie de certains de ses actes que par une soudaine fragilité qui peut poindre de manière inattendue et prendre au dépourvu, Abby est la figure de proue du navire Amiral Côte Ouest. Donna Mills quittera la série en 1989 (Abby a obtenu un poste important au Japon), au faite de sa popularité, avant qu’elle ne fasse un savoureux retour dans le double épisode final. Son regard de braise, son sex-appeal, son magnétisme en faisaient l’actrice la plus à même pour interpréter ce personnage devenu mythique, qui, entre le JR de Dallas,  la Alexis de Dynastie et la Angela de Falcon Crest, aura marqué de son empreinte et de sa modernité de femme forte émancipée, non seulement l’univers des primetime soap des années 80 mais aussi tout simplement, celui d’une grande série!

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On a eu beau la voir en 1971 dans Un frisson dans la nuit de Clint Eastwood, aucune de ses apparitions suivantes ne lui apportera une reconnaissance suffisante jusqu’au rôle d’Abby. Après son départ de Côte Ouest, Donna Mills enchaîne les téléfilms jusqu’à une apparition dans deux épisodes de Melrose Place, début d’une longue litanie de guests dans diverses séries : Rude Awakening, Cold Case, Nip Tuck, Dirty Sexy Money puis un petit rôle dans Joy de David O. Russel en 2015. Une carrière chaotique pour celle qui aura privilégié son rôle de maman à l’icône que la télévision américaine des années 80 avait créée.

Crédit: CBS