Figure incontournable de la télévision, Zorro est un héros qui a forgé l’imaginaire de millions d’enfants. Voilà 60 ans que le premier épisode a été diffusé sur la chaîne ABC. On l’a revu pour vous.

C’est quoi Zorro ? Dans la Californie du début du XIXe siècle encore dirigée par la couronne d’Espagne, Don Diego de la Vega est un aristocrate discret. Pourtant, lorsqu’il met son masque et son chapeau noir, il devient Zorro, héros maniant l’épée à la perfection et défendant les faibles de la tyrannie du Commandant Monastorio.

Zorro, c’est le personnage non pas de toute une génération mais de pleins de générations, la série étant apparue sur les écrans français dès 1965. Si elle est très connue, le générique l’est encore plus. A l’image de séries comme La petite maison dans la prairie, Zorro est multi-rediffusée à la télé française depuis longtemps. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’à une époque où la quasi totalité des séries américaines avaient des intrigues bouclées, Zorro mélangeait les deux en proposant certes des épisodes bouclés mais en construisant sa narration en « arches » ce qui en faisait une série feuilletonnante (Monastorio, L’aigle, Monterey ou encore Le nouvel ordre) et rendant ainsi hommage aux sérials des années 40.

Un premier épisode qui pose les bases de la série

C’est pour financer son parc Disney en Californie, grande nouveauté industrielle des années 50, que l’empire de Mickey se rapproche de ABC pour créer des programmes en échange d’investissements. Elle achète via une société les droits d’œuvres dont Zorro pour les adapter pour la télévision. Mais au départ, ABC rejette en 1954 l’idée d’une série Zorro. Mais le succès de la mini série Davy Crockett va pousser non seulement Disney à retenter sa chance auprès de ABC (il faut identifier la section Frontierland du Parc via l’émission de télé Disneyland), mais surtout ABC à finalement accepter le projet qui sera lancé en 1959.

Dans le premier épisode, la série pose naturellement les bases de ce que l’on reverra souvent par la suite. D’abord la naissance de Zorro, découlant de la révolte de Don Diego de le Vega sur la transformation de la jeune Californie en dictature. Ensuite, à l’image d’un super héros, Diego de la Vega se créé une couverture, y compris auprès de son père, pour pouvoir agir dans l’ombre : il sera un adepte de la littérature et surtout partisan de la non violence, de la lâcheté même (tandis que Bernardo, muet, sera aussi sourd pour espionner l’entourage du jeune homme). Enfin, la création de Zorro : « Si on n’a pas la force du lion, il faut avoir la ruse du renard « , déclare Don Diego alors qu’il revient en Californie (renard se dit… « Zorro » en espagnol).

On peut aussi voir dans ce premier épisode d’autres éléments et personnages importants de l’univers de Zorro, comme le méchant (ici Monastorio), le bras droit maladroit du commandant et figure iconique de Zorro, le mythique Sergent Garcia (Henry Calvin), Tornado le fidèle destrier de Zorro, et bien sûr les scènes d’action à l’épée qui ont rendu célèbre la série. Car bien que prenant place dans un univers de western et diffusée à la télévision américaine qui les aime tant (CBS diffuse depuis 2 ans déjà Gunsmoke qui va durer 20 ans), Zorro est une série mélangeant le western et ce qui est notre western à nous petits français, l’histoire de cape et d’épée (les deux armes de Zorro sont l’épée et le fouet).

La série s’arrête après 78 épisodes en raison d’une guerre ouverte en ABC et Disney.
Guy Williams, le héros culte de la série, sera aussi le héros de la série Perdus dans l’espace (1965). Voici ce qu’il déclarait en 1985 à Télé 7 Jours à propos de la série :

« L’idée de jouer quelque chose comme Zorro n’était pas exactement à même de m’emballer outre mesure. Comme tous les gamins, j’ai adoré Errol Flynn et Robin des Bois ; mais à trente ans, c’est difficile. Ce qui me plaisait, en revanche, c’était la certitude que ce feuilleton serait fait dans les meilleures conditions possibles, rien qu’avec des professionnels, parce que tout ce qui se réalisait chez Disney à l’époque était de la plus haute qualité. On ne lésinait sur rien. S’il nous fallait soixante cavaliers, on vous donnait soixante cavaliers. Pas douze qui font le tour du pâté de maison et reviennent trente-six fois. Et puis, il faut dire aussi que j’aimais l’idée de travailler pour Walt Disney, qui a été un héros de ma jeunesse. »

Jusqu’en 1992 (date tardive de sa colorisation assez affreuse), Zorro fut découvert par tous les petits enfants du monde entier en noir et blanc, une particularité qui fit tout le sel de cette série, et lui donna son identité visuel et son atmosphère.
Zorro a certes pris de l’âge mais conserve un indéniable charme qui en fait toujours, 60 ans après, une série culte.

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