En recevant cet e-mail envoyé par l’un de leur professeur, on comprend la surprise des étudiants de la prestigieuse université londonienne King’s college. « Voudriez-vous participer à une étude clinique impliquant l’administration nasale de cocaïne ? », voilà le message adressé à une centaine d’étudiants masculins âgés entre 25 et 40 ans. Le but final est la participation a « une importante étude scientifique visant à établir la façon dont la cocaïne et ses métabolites se répandent dans le corps humain ».

Imaginez une telle demande dans notre douce France, où l’ouverture d’une salle de shoot expérimentale provoque les ires de nombreux politiques. L’étude a pourtant été approuvée par le Westminster, place de la décision outre-Manche, qui sera chargé de la recherche et se déroulera sous le contrôle de médecins et chercheurs du département toxicologie de l’hôpital de St Thomas. Pour y participer, il faut donc respecter la limite d’âge, mais aussi n’avoir jamais consommé de drogues par le passé, ainsi que ne pas étudier la médecine ou l’odontologie. Par le passé, le King’s college de Londres avait déjà réalisé des expériences similaires sur l’héroïne, le crack, le LSD, les amphétamines ou encore le cannabis, trouvant même en 2006 un gêne spécifique lié à l’addiction à la cocaïne.

Pour la première fois sur la base du volontariat, les étudiants participants recevront « une compensation financière d’un montant raisonnable » après avoir également accepté des « prélèvements biologiques répétés de sang, d’urine, de cheveux, de sueur et de salive », indispensable à l’étude. Autre contrainte, les volontaires ne pourront pas se teindre les cheveux pendant une durée de 120 jours. En Grande-Bretagne, la cocaïne est considéré comme la drogue la plus attractive et consommée du pays, juste derrière le cannabis, avec en 2012, 700 000 consommateurs.