La mise à mort de l’otage Hervé Goudel le 24 septembre dernier par l’organisation de l’Etat Islamique rappelle l’engagement français auprès des minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Néanmoins une véritable prise de conscience nationale s’impose.

La religion s’invite dans les salons de la République. La diffusion tant à l’échelle nationale que locale de la situation des chrétiens au Moyen Orient relève moins du religieux que d’une nouvelle forme de « responsabilité » politique.
« Chrétiens d’Irak, Chrétiens d’Orient : quel soutien possible de l’Occident ? » était en effet le sujet d’un tour de table organisé jeudi dernier à la mairie du VIIème par la maire, ancienne ministre, députée européenne Rachida Dati et ses collaborateurs. Un défi à relever.
Associations oeuvrant pour les chrétiens d’Orient, sommités du monde chrétien mais également musulman ont exposé à l’issue de deux tours de table l’actuelle situation religieuse au Moyen-Orient. Témoignages, discours engagés ou réflexions politiques ont constitué l’essentiel de cette intervention.

La ligne politique marquée entre la France et les chrétiens d’Orient remonte au Moyen-âge. Fondamentalement issue d’un passé chrétien, elle n’a pourtant cessé d’exister sous la République. Alors que le principe de séparation des Eglises et de l’Etat pourrait être avancé pour dédouaner la France de toute intervention dans cette région du globe, un fort consensus politique lui en suggère l’inverse.
La « laïcité positive », maître mot de la conférence, illustre cet objectif national. L’universalité à laquelle tendrait ce principe de respect des religions, dans l’esprit de rédaction de l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et rappelée par l’article 9 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, justifie la position française. Reconnaître des droits universels sur son sol, c’est aussi les protéger sur la scène internationale. Cohérence oblige.

Un même constat revient. En Occident, le temps d’une réception passive de l’information est révolu. Celui d’une diffusion sensée de l’actualité au travers de l’ensemble du tissu social s’avère nécessaire. Cette dernière relève néanmoins de la compétence du politique.
Devoir moral engageant la responsabilité internationale de la France et l’intégrité de ses valeurs, il revient à tout élu d’en communiquer la teneur. La finalité de la conférence organisée par la mairie du VIIème s’inscrit donc dans cette optique.
D’une envergure nationale par le biais d’une communication de proximité, la légitimité de tout engagement à l’étranger n’est en effet jamais autant conforté que par l’acceptation citoyenne ; un atout indéniable pour la diplomatie française.

Malgré la confusion régnant sur la scène internationale, la constitution d’une enquête sur le financement des groupes terroristes pourrait apparaître comme un premier signe de coordination … Si mise en œuvre.
Pour l’heure, la France peut se féliciter de la création d’un groupe parlementaire d’études des chrétiens d’Orient le 19 juin dernier, dans lequel coopèrent plus d’une centaine de députés de confession politique de tout bord.