Hier lundi 6 juin, TF1 lançait la première émission de « Cinq à sept », nouvelle version quotidienne et en direct de « L’hebdo show ». Pendant 1h30, Arthur et sa bande de chroniqueurs ont enchaîné les séquences pour produire un talk-show d’un nouveau genre,  très différent de « Touche pas mon poste ! », en concurrente directe sur D8.

Rires et bienveillance. Une formule pour résumer une émission, et bien davantage : un état d’esprit. Jusqu’à avoir sa place en bandeau en bas du plateau et sur le t-shirt du leader du « Cinq à sept » de TF1, Arthur. Le principe de ce véritable fil rouge de l’émission ? Chaque fois qu’une vanne va un peu loin, peut manquer de respect, allume une étincelle de polémique, Arthur déclenche une alarme et rappelle la sentence, en ouvrant légèrement sa veste pour afficher le message en entier. Rires et bienveillance : savoir rire de tout, mais sans se moquer. Un rappel régulier de la formule au cours de l’émission, et aussi un appel du pied à « Touche pas à mon poste ! ».

« La Roue de la fortune » s’orientalise en « couscoussière »

Cyril Hanouna, on le sait, est un influent personnage. Son récent départ d’Europe 1, même sans rapport direct avec TPMP, fait partie de ce tout, qui fait le succès médiatique du talk-show de D8. Arthur et ses chroniqueurs, répartis sur un grand plateau coloré et très ambiancé, sont arrivés hier lundi 6 juin en direct sur TF1. Une petite révolution sur la chaîne privée, connue pour presque tout enregistrer et diffuser, après un minutieux montage. Et finalement, ça s’est plutôt bien passé. La répartie des chroniqueurs, le public qui a largement joué le jeu (notamment pendant le record du monde de câlins en une minute), aucun problème technique : la patte TF1 n’y est pas forcément pour grand-chose, le direct n’étant donc pas leur dada. Mais pour une première, c’était objectivement correct.

« Cinq à sept », c’est un immense patchwork de haute couture. Des animaux, des réseaux sociaux, des interviews, des infos shootées à l’humour noir, un éphéméride culturel. On a viré l’orchestre du feu « Hebdo show », en réalité peu utile, voire contre-productif. À la place, la « couscoussière aux cadeaux », peut-être la pastille la plus surprenante du programme. La roue de la fortune recyclée et revisitée, avec un gagnant audiotél appelé en direct. Une petite touche vintage qui, selon nous, a déjà trouvé sa place. Ajoutez-y le retour des hôtesses (vues pour la dernière fois sur TF1 dans « Le juste prix »), ça sent presque le réchauffé. Et pourtant, encore une fois, ça rend pas si mal comme talk-show.

cinq à sept

Le logo de « Cinq à sept », simpliste mais efficace | CP : TF1

Tanguy Pastureau et Cartman, le meilleur pour la fin ?

« Cinq à sept », c’est donc un talk-show. TPMP aussi. « C à vous » aussi. Le nouveau programme de Thomas Thouroude à la rentrée sur France 2 aussi. Le paysage audiovisuel français semble reprendre goût aux émissions de débat et de chroniques en pré-access ou en access, deux saisons après les échecs industriels « Jusqu’ici tout va bien » et « L’émission pour tous » sur France 2. Les bandes de chroniqueurs, Arthur, il adore ça. Il l’a rappelé dans « L’instant M », lundi matin sur France Inter. « J’ai fait une liste de vingt personnes, toutes ont dit oui, se félicite-t-il. Je les appelle des ‘talents’ car ils sont essentiels pour m’épauler dans le programme« . Parmi eux, le saignant Tanguy Pastureau, avec ses « Infos Pastureau », et le taquin Cartman, dans « Cartman on the street ». Deux fortes têtes du « Cinq à sept » qui closent un programme déjà très riche, et qui apportent une vraie plus-value. « Cinq à sept » est en direct tous les jours sur TF1, sans date limite d’après Arthur : « On est là jusqu’à la moitié de l’été et la mise en place de la grille d’été, et en principe on revient à la rentrée« . Pour cela il va falloir améliorer les chiffres d’audience : 1.3 million de téléspectateurs et 13.8 % de part de marché. Plus de trois points d’écart avec « Quatre mariages pour une lune de miel », prédécesseur du « Cinq à sept ».