Le 22 février 2017, Split, le nouveau film de M. Night Shyamalan va sortir sur nos écrans précédé de critiques élogieuses. Coup de projo sur 3 de ses films

M. Night Shyamalan, réalisateur surdoué, roi du twist final, a connu une descente aux enfers artistique. Après 4 succès publics et critiques chez Disney, puis le mésestimé La Jeune Fille de l’eau, la qualité de ses œuvres s’est faite très inégale, et le public de plus en plus rare… Ceci dit, depuis Sixième Sens, aucun de ses films n’a perdu d’argent au box-office, même le très mauvais Le Dernier maître de l’air a réussi à sauver les meubles grâce aux résultats hors USA… Après After Earth en 2013, film de commande sans âme piloté par la famille Smith, la critique imagine M. Night Shyamalan définitivement perdu… Mais en 2015 le réalisateur surprend avec The Visit, petit film d’horreur effrayant, malin et déroutant, et signe (et non pas Signes) un retour inattendu en forme de conte grinçant et flippant. C’est le début du retour en grâce, car le 22 février 2017 débarque en salle le très attendu Split, énorme succès au box-office américain, qui réussit l’impossible, réconcilier la critique avec le réalisateur ! Coup de projo sur trois films emblématiques de M. Night Shyamalan.

Sixième Sens – 1999
Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec Bruce Willis, Haley Joel Osment, Toni Collette

Mais c’est quoi déjà… Sixième Sens ? Cole Sear, garçonnet de huit ans est hanté par un terrible secret. Son imaginaire est visité par des esprits menaçants. Trop jeune pour comprendre le pourquoi de ces apparitions et traumatisé par ces pouvoirs paranormaux, Cole s’enferme dans une peur maladive et ne veut révéler à personne la cause de son enfermement, à l’exception d’un psychologue pour enfants. La recherche d’une explication rationnelle guidera l’enfant et le thérapeute vers une vérité foudroyante et inexplicable.

Sixième Sens ou la naissance d’un réalisateur prodigue avec un troisième film devenu culte. Car avec ce thriller fantastique et hypnotique et d’une efficacité redoutable, M. Night Shyamalan se fait un nom et devient le roi du twist final… et pour certain le digne successeur de Steven Spielberg (avant JJ Abrams, Jeff Nichols etc… oui je sais, on trouve un successeur à Spielberg tous les 2 ans). Bref avec son « Je vois des gens qui sont morts », M. Night Shyamalan nous offre un thriller habile et malin, reposant sur un scénario brillant et manipulateur qui transcende les lois du genre. Porté par un Bruce Willis dans sa meilleure période, celle des « Je ne suis pas que John McClane », de L’Armée des douzes singes à Incassable, et par la révélation Haley Joel Osment (qui malheureusement pour l’instant n’aura jamais totalement confirmé les espoirs placés en lui), ce brillant drame horrifique nous tient en haleine de bout en bout.

Incassable – 2000
Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright

Mais c’est quoi déjà… Incassable ? Elijah Price souffre depuis sa naissance d’une forme d’ostéogénèse. S’il reçoit le moindre choc, ses os cassent comme des brindilles. Depuis son enfance, il n’a de cesse d’admirer les superhéros, des personnages qui sont tout l’opposé de lui-même. Propriétaire d’un magasin spécialisé dans les bandes-dessinées, il épluche pendant son temps libre les vieux articles de journaux à la recherche des plus grands désastres qui ont frappé les Etats-Unis. Il se met alors en quête d’éventuels survivants, mais y parvient rarement. Au même moment, un terrible accident ferroviaire fait 131 morts. Un seul des passagers en sort indemne…

Un an après Sixième Sens, M. Night Shyamalan revient au cinéma avec ce qui est sans doute son meilleur film, une quête de sens, une lutte entre le bien et le mal, un film de super-héros réaliste original et humaniste qui porte un message d’espoir et d’espérance. Il faut affronter son destin car chacun de nous peut à son niveau changer le monde, chacun de nous est un super héros… Incassable est une œuvre essentielle dans la mythologie cinématographique des supers-héros, mais c’est également la confrontation de deux acteurs brillants, Bruce Willis de retour chez M. Shyamalan dans un nouveau rôle à contre-emploi et Samuel L Jackson en double maléfique, pour une vision originale et extrêmement respectueuse de la figure du super-héros et de son évolution, découvrir, assumer et utiliser ses dons, en décortiquant les poncifs et renouvelant les codes du genre. Un film brillant qui selon certaines rumeurs devrait enfin donner naissance à la suite tant espérée par le réalisateur depuis de nombreuses années. (ce qui pourrait être une renaissance pour Bruce Willis dont le dernier bon film date de… 2012).

La Jeune Fille de l’eau – 2006
Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec Paul Giamatti, Bryce Dallas Howard, Jeffrey Wright, Bob Balaban

Mais c’est quoi déjà… La Jeune Fille de l’eau ? Cleveland Heep a tenté discrètement de se perdre à jamais dans les abysses de son vieil immeuble. Mais, cette nuit-là, il découvre dans le sous-sol de la piscine une jeune nymphe sortie d’un conte fantastique. La mystérieuse « narf » Story est poursuivie par des créatures maléfiques qui veulent l’empêcher de rejoindre son monde. Ses dons de voyance lui ont révélé l’avenir de chacun des occupants de l’immeuble, dont le sort et le salut sont étroitement liés aux siens. Pour regagner son univers, Story va devoir décrypter une série de codes avec l’aide de Cleveland… pour peu que celui-ci arrive à semer les démons qui le hantent. Le temps presse : d’ici la fin de la nuit, leur destin à tous sera scellé…

Après 4 films chez Disney, un film culte avec Sixième Sens, un chef-d’œuvre avec Incassable, un drame de SF virtuose mais inégal avec Signes, et un thriller qui lorgne vers La Quatrième Dimension avec Le Village, M. Night Shyamalan rejoint Warner pour tourner La Jeune Fille de l’eau, son conte pour enfants refusé par Disney. Naïf certes, mais passionnant, sa Jeune Fille de l’eau est une mise en abyme brillante, une réflexion haut de gamme particulièrement fascinante. Film souvent incompris, d’une humanité désarmante, à l’opposée de l’utopie déchue de The Village, le conte de fée de M. Night Shyamalan, porté par Paul Giamatti, nous entraîne sans cynisme mais avec une rafraichissante liberté et une innocence retrouvée dans une relecture personnelle du genre, poétique et passionnante. Un film à découvrir ou redécouvrir, uniquement pour ceux qui savent encore rêver…