Manuel Valls a été réélu député de justesse, hier soir, dans la première circonscription de l’Essonne. Sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani, conteste les résultats.

Dimanche 18 juin, 20 heures. Les premiers résultats des élections législatives tombent les uns après les autres. Du côté de la première circonscription de l’Essonne, la situation est plus tendue. Après plusieurs heures de suspens, Manuel Valls arrive dans la mairie d’Evry, son fief, à 22h25. Il revendique sa victoire avec 50,3% des suffrages exprimés contre 49,7% pour sa concurrente Farida Amrani, soit seulement 139 voix d’écart.

Or, sa courte victoire a rapidement été contestée par les partisans de la France insoumise qui n’ont pas hésité à traiter l’ancien Premier ministre de « tricheur » lors de son discours. Des échauffourées ont ensuite éclaté. L’un des opposants a été évacué de la mairie d’Evry par la police.

« Même les journalistes ont été exclus de ce fameux recomptage »

Le retour au calme après une soirée mouvementée ? Pas vraiment. La controverse ne cesse de gonfler du côté de la France insoumise qui continue de contester les résultats. Interrogée ce matin sur LCI, Farida Amrani a annoncé qu’elle se rendrait dès 9 heures à la préfecture d’Evry pour recompter les bulletins. Elle a par ailleurs dénoncé le fait qu’on lui ait refusé, hier, de recompter les voix. « Même les journalistes ont été exclus de ce fameux recomptage » a-t-elle affirmé. Farida Amrani va également déposer un recours au conseil constitutionnel, affirmant avoir « confiance dans la justice ». « La démocratie doit s’exprimer. Elle va s’exprimer », a-t-elle ajouté.

Des bureaux de vote aux scores disproportionnés ?

La France insoumise dénonce le résultat de certains bureaux de vote situés à Evry, ville dans laquelle Valls est resté maire onze ans, de 2001 à 2012. Toujours sur LCI, Farida Amrani a dénoncé la marge énorme en faveur de Manuel Valls dans les bureaux où la France insoumise n’avait pas d’assesseur. « On a assez d’éléments pour constituer un dossier, on ne le fait pas pour s’amuser », a déclaré son suppléant, Ulysse Rabaté, à l’AFP. Rachel Garido, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a évoqué ce matin sur France Info « deux bureaux de vote où les scores pour Manuel Valls sont disproportionnés par rapport au reste des bureaux ».

« Il faut accepter le verdict des urnes »

L’ancien Premier ministre a quant à lui réaffirmé sa victoire dans une série de tweets publiés ce matin. Exhortant d’abord à « accepter le verdict des urnes et [à] respecter la démocratie », il s’est ensuite montré plus menaçant. « Je ne laisserai pas passer la moindre mise en cause de mon élection » a-t-il écrit sur le réseau social.