Le FMI, instance ultra libérale a publié ce lundi 15 Juin un rapport montrant que plus il y a de riches dans un pays, plus la croissance est pénalisée : si des théories économique présumait ce résultat, les chercheurs du FMI en ont calculé les effets.

Selon ce document, lorsque les revenus des 20% les plus riches de la population augmentent de 1%, la croissance à moyen terme est pénalisée de 0,08 point. La pensée populaire qui tendrait à croire que ce sont les riches qui sont à l’origine de la croissance n’est pas vérifiée ici. Au contraire : si les revenus des 20% le plus pauvres augmentent dans les mêmes proportions, la croissance augmente de 0,38 point.

Ce phénomène s’explique par l’utilisation de ce surplus de salaire : les plus riches vont avoir tendance à l’épargner, tandis que les plus pauvres vont consommer, injectant directement l’argent dans l’économie.

Un phénomène multifactoriel

L’assouplissement du travail est clairement visé par ce rapport – qui n’engage pas l’institution elle-même : des règles moins strictes ne permettent pas aux employés de se défendre équitablement face aux grosses entreprises. Ainsi, si le licenciement est facilité par la loi, les employés seront contraints d’accepter des salaires plus bas.

Toujours dans le monde du travail, plus le salaire minimum baisse par rapport au salaire médian (salaire tel que la moitié de la population gagne plus, et l’autre moitié moins), plus l’inégalité augmente, plus la croissance est pénalisée. La baisse du nombre de syndiqués conduit aussi à un renforcement du pouvoir de l’entreprise, donc à une augmentation des inégalités.

Or « Une période prolongée d’inégalités plus élevées dans les économies avancées a été associée à la crise financière (de 2008-2009) en renforçant l’endettement par effet de levier (…) et en permettant aux groupes de pression de pousser vers plus de dérégulation financière » constate le rapport. Les experts incitent les gouvernements à prendre des mesures pour éviter un retour à la récession.

Des recommandations suivies par la loi Macron ?

Les experts proposent de mieux répartir les richesses grâce à une fiscalité redistributive : s’appuyer sur des taxes sur le patrimoine et la propriété immobilière permet de taxer sur l’épargne et de ne pas ralentir la consommation.

 

Plusieurs propositions de lois du projet Macron semblent contredirent ces recommandations, notamment sur le poids de l’entreprise face aux salariés. Les indemnités prud’homales seront limitées : aujourd’hui, elles pouvaient doubler si le licenciement sans cause réelle était prouvé. Avec le projet de loi, ces indemnités seront plafonnées en fonction de la taille de l’entreprise et l’ancienneté du salarié.

Après la réécriture du texte par les sénateurs, les syndicats perdent de l’importance dans l’entreprise. Lorsqu’une entreprise devait désigner un délégué du personnel à partir du 11ème salarié, elle pourra s’en munir qu’à partir du 21ème. Un comité d’entreprise sera réuni plus régulièrement à partir du 101eme salarié, et non du 51eme comme actuellement. De plus, les salariés ne seront plus tenus informés de la transmission des entreprises, excepté en cas de cessation d’activité sans repreneur.

Le Sénat prévoit aussi de ne pas augmenter le pouvoir des inspecteurs du travail : pression du patron, risque de Burn Out ou non-respect du code du travail, essentiel à la vie en entreprise ne seront pas plus encadrés : le salarié perd encore un peu de pouvoir.

Alors qu’un rapport de l’OCDE montrait en Mai dernier que les inégalités entre riches et pauvres étaient au plus haut depuis trente ans, il serait temps que les politiques prennent conscience que pénaliser les plus pauvres pour les plus riches n’est profitable pour personne, même pas pour les chiffres de la croissance tant recherchés.