Le Gulabi Gang : c’est quoi ?

Le Gulabi Gang, ou Brigade Rose, est un groupe féminin d’autodéfense, né dans l’État d’Uttar Pradesh, sous l’impulsion de Sampat Pal. Dans ce district indien, l’un des plus pauvres du pays, la majorité des habitantes vivant dans les villages sont issues des castes inférieures. Les violences domestiques et les abus sexuels sont un véritable fléau dans ces zones. La police est corrompue et reste sourde face à ces exactions. Si le groupe estime que 100 000 femmes sont membres du Gulabi Gang, Al Jazeera élève ce chiffre à 400 000 (en 2014). Les membres sont recrutées à la suite de violences subies. Pour rejoindre le Gulabi Gang, chaque femme doit recruter 10 autres femmes pour devenir membre.

En Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes

Et une sur trois a moins de 18 ans. Ces chiffres témoignent de la détresse des femmes indiennes. Une situation intolérable pour le Gulabi Gang, qui décide de réagir. Outre la défense des cas les plus extrêmes dont peuvent être victime les femmes, le Gulabi Gang élargit grandement les front de sa lutte. Parmi leurs actions notables, le Gulabi Gang vise à arrêter les mariages d’enfants, faire la promotion de l’éducation des filles, former les femmes à l’autodéfense, s’opposer à la corruption endémique dans l’administration, humilier publiquement les agresseurs ou encourager les femmes à devenir financièrement indépendantes.

Une femme de 23 ans sauvagement agressée et violée par six hommes puis laissée pour morte

Le drame, survenu le 16 décembre 2014 dans un bus de New Delhi, avait ému le pays. La mort de la victime, surnommée la «Fille de l’Inde», avait provoqué des manifestations, malheureusement peu suivies d’effets. Nombreux sont les cas où l’horreur est normalisée, et restant souvent impunis. Le 28 mai 2014, deux adolescentes de 12 et 14 ans sont violées, étranglées puis pendues à un arbre dans l’État de l’Uttar Pradesh. Les deux cousines allaient aux toilettes dans un champ car elles ne possédaient pas de latrines. Et n’en sont jamais revenues.

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Vide juridique et déni politique

La législation s’avère relativement peu efficace pour lutter contre ces violences. Le système de castes, pourtant aboli, perdure encore dans les mentalités et l’absence de droit des individus issus des castes inférieures. Adopté en mars 2013, une loi prévoit une peine de 20 ans minimum en cas de viol en réunion. Mais la lutte du Gulabi Gang sera longue, sachant que le viol collectif peut-être décidé comme punition pour une femme amoureuse.