Un des plus gros icebergs jamais vus s’est détaché de l’Antarctique. Si les conséquences ne sont pas pleinement connues, les risques existent bel et bien.

Un énorme bloc d’environ 350 mètres de haut, 5800 km² et 1000 milliards de tonnes s’est détaché de l’Antarctique. Un volume impressionnant donc. Et pour cause, « c’est le troisième plus gros iceberg observé depuis que l’on a des observations satellitaires régulières», estime Noël Gourmelen, glaciologue spécialisé dans l’observation de la Terre à l’université d’Édimbourg.

L’iceberg faisait auparavant partie de la barrière de glace dite Larsen C, fissurée depuis au moins 2014. « Nous avions anticipé cet événement depuis des mois et avons été surpris du temps qu’il aura fallu à la fracture pour briser les derniers kilomètres de glace qui restaient », témoigne le professeur Adrian Luckman. La formation de ce nouveau bloc de glace n’était donc qu’une question de temps.

 

Il est difficile de prévoir par avance ce que deviendra l’un des plus gros icebergs jamais recensés. « Sa progression future est difficile à anticiper. Il peut rester en un seul bloc mais, ce qui est plus probable, se diviser en plusieurs morceaux. Certains pourraient rester dans la zone antarctique pendant des décennies, d’autres pourraient dériver vers des eaux plus chaudes », a expliqué Adrian Luckman, professeur à l’université de Swansea.

Si les conséquences ne sont pas pleinement connues, les scientifiques évaluent d’ores et déjà les risques.

Cet iceberg, de par sa taille – 55 fois plus grand que Paris Intramuros – peut faire peser un risque sur le commerce maritime. De fait, l’agence spatiale européenne ESA traque sont évolution avec les satellites CryoSat et Copernicus.

Des conséquences écologiques

Par ailleurs, si le nouvel iceberg ne devrait pas entraîner directement la hausse du niveau des mers, Larsen C devrait devenir « potentiellement moins stable », soulignent les chercheurs. La barrière de glace pourrait alors suivre l’exemple de Larsen B, qui s’était désintégrée de la même manière en 2002.

Deux scénarios sont alors possibles, ou bien Larsen C se reconstitue entièrement, ou bien elle se désintègre. Dans ce cas, il n’y aurait plus rien pour empêcher l’eau des glaciers de se déverser dans l’océan, ce qui pourrait faire monter le niveau des eaux de 10 cm.

L’Antarctique est une des régions du monde qui se réchauffent le plus rapidement. Toutefois, précise Martin O’Leary, chercheur à l’université de Swansea,, le détachement de cet iceberg « est un événement naturel, et nous n’avons pas connaissance d’un quelconque lien avec le changement climatique lié à l’homme ».