Alors qu’Alex Hugo s’apprête à revenir dès le 6 septembre pour 3 nouvelles aventures très réussies, nous avons pu échanger avec les deux héros de la série, Samuel Le Bihan et Lionnel Astier.

Quels seront les 3 nouveaux épisodes de Alex Hugo ?

Les amants du levantAlex Hugo retrouve les corps d’Isabelle et d’Antoine Lefort dans un refuge de très haute montagne ; elle était atteinte d’une maladie incurable et ils ont décidé tous les deux d’arrêter de vivre. Leur lettre d’adieu demande qu’on les incinère et qu’on répande leurs cendres au sommet de la montagne, au soleil levant. Ultime acte d’amour ou…. autre chose… Alex est, comme tout le monde dans le village, bouleversé par cette histoire d’amour tragique. Pourtant son intuition lui fait mettre en doute la thèse officielle… Il est de plus en plus persuadé que quelqu’un a simulé ce suicide pour se débarrasser du couple et qu’il comptait sur la crémation pour effacer les traces. L’enquête commence : Loin du drame romantique annoncé, elle nous emmènera sur les trajets transfrontaliers et les chemins bien plus sombres de la criminalité contemporaine.

L’homme perduL’automne est en train de prendre ses quartiers à Lusagne, la montagne s’est parée de belles couleurs chaudes et la température commence à chuter. Habillé d’une parka, Alex grimpe en direction de la haute montagne et des neiges éternelles. Alors qu’il progresse en altitude et s’engage dans un couloir, Alex entend le souffle d’une explosion. Il a à peine le temps de lever la tête qu’un éboulis de glace, de neige et de rochers l’ensevelit. Blessé, inconscient, il est sauvé par un mystérieux inconnu. Dans la vallée, les recherches s’organisent en vain. On ne retrouve que son sac. La mort dans l’âme, le village doit se rendre à l’évidence, Alex a été emporté…

Sur la routeUne adolescente de Lusagne est blessée lors du braquage de la banque postale du village voisin. Alex est sidéré de voir les méthodes du grand banditisme appliquées à une petite agence rurale. Touché par le sort de cette gamine et le désespoir du père, il commence son enquête. Mais à peine a-t-il trouvé quelques indices pour pister les malfrats qu’un deuxième crime est commis. Cette fois, c’est une femme qui est assassinée. La psychose s’installe à Lusagne. Et les rumeurs désignent des bikers qui bivouaquent au village. Alex demande l’intervention de Cochise, un vieux biker local, pour servir de médiateur et faire baisser la tension. Cependant, c’est bientôt Cochise lui-même qui est accusé du meurtre. Alex a le sentiment que son ami est un bouc émissaire et que les assassins comptent sur une totale impunité.

Comme chaque année, Alex Hugo fait son retour pour de nouveaux épisodes, en maintenant la qualité tout en augmentant la quantité …

Samuel Le Bihan : Nous avons augmenté le nombre d’épisodes, nous en avons maintenant 3 inédits. On tient la cadence car c’est un super rendez-vous. On tourne dans un endroit fabuleux pendant environs 3 mois maintenant. Et puis, je trouve que chaque année, on fait une proposition plus intéressante que l’année d’avant. C’est vraiment super de parvenir en télévision à faire des propositions aussi indépendantes et que chaque aventure d’Alex Hugo soit comme un petit film. Chaque réalisateur amène à la série son univers.

La force d’Alex Hugo, c’est de ne ressembler à aucune autre série diffusée à la télévision

Lionnel Astier : Ne serait-ce que par rapport au décors et son côté western, c’est une certitude. Ça change des enquêtes habituelles et c’est bien de mettre un peu « d’espace » dans du thriller. Le décors devient un personnage à part entière de la série.

Samuel Le Bihan : Tous les personnages de Alex Hugo ont en eux une quête de liberté. Peut-être même que cet aspect de leur personnalité s’explique par le décors. C’est même plus fort qu’une quête de liberté, c’est une quête d’identité, qui interroge son rapport à la nature, son rapport à soi, un besoin de soigner ses plaies, ses blessures, d’accepter son passé. Nos personnages transportent une blessure et cela donne une dimension poétique, lyrique, à nos histoires, ce qui est une vraie notion différente par rapport au polar urbain. Nos personnages sont idéalistes et c’est quelque chose qui me plaît beaucoup.

Comment vous décririez ces 3 nouvelles enquêtes qui sont très différentes des dernières?

Samuel Le Bihan : C’est la force des réalisateurs qui changent à chaque fois et qui apportent de nouvelles choses.  Ça devient même un challenge entre eux où chacun a envie de montrer sa couleur, sa patte. Et cette stimulation entre eux est très positive pour nous. On est là depuis le début donc on est un peu les gardiens du temple et eux viennent se challenger sur une histoire, sur comment gérer ce décors, comment ingérer « du sexy » dans une histoire très terroir. Le dernier diffusé devient une référence pour les prochains réalisateurs qui arrivent. Par exemple, cette année, L’homme perdu fait une proposition très forte et ça ne va pas être simple pour les suivants, mais cela une donne une référence à atteindre.

Cette épisode remarquable est même plus de l’aventure que du polar …

Samuel Le Bihan : C’est intéressant ce que vous dites car l’ADN de Alex Hugo n’est pas l’énigme, l’intrigue, le polar, c’est cette dimension d’aventure, de l’homme projeté dans la nature, le grand espace et sa réaction face à ça. C’est aussi un univers où le gendarme est assez loin donc on fait un peu la loi soit même.

Comment expliquez-vous que l’on ait moins de ce type d’aventures au cinéma aujourd’hui qu’on ne l’avait à une époque ? 

Lionnel Astier : Déjà, on est sur un format différent du cinéma où l’on doit globalement tout résoudre à la fin ou alors c’est que l’on pense en faire un second film. Dans une série, c’est plus libre quant à l’évolution des personnages, ce qu’ils vivent. Les personnages peuvent nous emmener plus loin dans une série que dans un film qui s’arrête après 1h40. C’est ce qui explique aussi le succès des séries.

Samuel Le Bihan : C’est injuste que le cinéma ait perdu ça, le polar, l’aventure, tous ces sujets qui existaient il y a encore 10 ans avec un film comme Le pacte des loups par exemple. C’est triste que le cinéma français ait perdu tous ces territoires et que les réalisateurs doivent se contenter à 90% de comédies. Le cinéma est devenu un loisir familial – cinéma d’auteurs à part. Mais du coup, je suis très heureux qu’on puisse nous le faire à la télé. C’est sans doute ce qui explique le succès de la série qui permet de renouer avec des sensations perdues qu’on a plaisir à retrouver.