La Chine a décidé d’investir 1.700 milliards de yuans, soit 210 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années pour combattre la pollution de l’air, ont rapporté jeudi les médias officiels chinois et l’agence Reuters.

 

Ca y est, la Chine prend enfin ses  responsabilités. En décembre 2012, Pékin avait déjà annoncé un plan de 350 milliards de yuans contre la pollution de l’air, soit 42 milliards d’euros, mais les dirigeants se sont rendu compte par la suite qu’il fallait adopter une démarche plus sévère.

C’est donc cette fois avec un budget bien plus colossal (6 fois plus important) que la Chine engage son combat contre la pollution atmosphérique. Ce budget représente plus que le produit intérieur brut (PIB) de Hong Kong l’an dernier, et démontre à quel point le gouvernement chinois désire améliorer de façon tangible la qualité de l’air dans le pays.

Le «China Daily» révèle que le plan vise la capitale, Pékin, la ville portuaire voisine de Tianjin, ainsi que la province densément peuplée de Hebei qui les entoure. Une région représentant plus de 100 millions d’habitants, ceux qui sont le plus touchés (au monde !) par la pollution de l’air, tant la concentration de particules fines est élevée.

Bien que d’autres villes soient aussi touchés telles que Shanghai et les autres villes portuaires, l’objectif du gouvernement chinois est de réduire la pollution de l’air de 25% d’ici à 2017 par rapport aux niveaux de 2012.

 

La pollution du « pays du milieu » atteint des sommets catastrophiques, du jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Dans les villes du nord, la pollution atmosphérique est si forte qu’un épais brouillard empêche de voir à 50 mètres, en particulier dans les grandes mégapoles, comme Pékin.

En mars, la découverte de milliers de cadavres de porcs dans un fleuve qui fournit Shanghai en eau avait aussi fait scandale dans la population chinoise. Les mécontentements se font de plus en plus ressentir, les manifestations écologiques ayant de plus en plus de fréquences en Chine.

Aperçu du mode de vie des habitants de Pékin

Aperçu du mode de vie des habitants de Pékin !

 

Un plan drastique qui tombe à pic, quelques jours après qu’une étude ait affirmé que la pollution a provoqué plus d’un million de morts prématurés en 2010. Cette étude locale, a en outre montré que l’espérance de vie des personnes vivant dans ces provinces du nord soit plus courte de 5 années et demie que dans les provinces du sud, avec des taux de pollution atmosphérique supérieur de 55%. Ces écarts dantesques entre nord et sud seraient en grand partie dû à la combustion de charbon pour le chauffage de la population, ce système énergétique étant en place  depuis les années 50.

 

Il était donc temps que les autorités s’attaquent à de tels problèmes, non seulement pour ne pas se retrouver face à des désastres économiques & environnementaux, mais aussi pour contenir des mouvements sociaux de plus en plus importants.

Le gouvernement compte également mettre au point un plan de lutte contre la pollution de l’eau et un autre pour améliorer l’environnement rural, qui devrait aussi est massif, tant les rivières sont contaminées et toxiques. La gestion de l’eau et des déchets est aussi un problème conséquent en Chine. Il est donc évident que ce plan de lutte contre la pollution atmosphérique n’est que la première phase d’un chantier herculéen que la Chine semble en passe d’engager, deux ans avant la signature d’un traité international universel sur les changements climatique.