Le procès de l’ancien dictateur tchadien déchu Hissène Habré s’est ouvert ce lundi matin à Dakar. Il avait été condamné le 30 mai dernier pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures par la Chambre africaine extraordinaire (CAE).

Hissène Habré, 74 ans, était président de la République du Tchad entre 1982 et 1990. Il s’était réfugié au Sénégal en 1990 après avoir été renversé par l’actuel président Idriss Deby Itno. D’après une enquête tchadienne, le bilan de sa répression est estimé à 40.000 morts. Plus de 25 ans après ses crimes, l’ex-président a écopé de la prison à perpétuité par l’organisation de défense des droits de l’homme.

Un procès qui doit servir d’exemple

Mais au-delà de la condamnation, ce procès doit surtout servir d’exemple aux autres dictateurs d’Afrique. Aucun dictateur n’avait jusqu’à maintenant été reconnu coupable et condamné par une cour internationale. « Ce procès peut servir de modèle pour juger d’autres tyrans » réagissait Henri Thulliez, membre de l’ONG Humans Rights Watch à l’Express.

Ce procès s’est cependant déroulé en l’absence de l’accusé. Il avait déclaré en première instance « ne pas reconnaître la Cour, et donc ne pas pouvoir recevoir un quelconque document venant d’elle. » Mais le jugement devrait toutefois être confirmé et l’accusé condamné. Du moins c’est ce qu’espèrent les ONG humanitaires investies dans le procès.

Le Centrafrique ne baisse pas les bras pour autant. Le pays devrait même créer une cour pénale composée de magistrats nationaux et internationaux. Elle permettrait de lutter et enquêter sur ce genre de violation sur le continent africain.

La décision finale devrait être rendu d’ici le 30 avril, et l’ancien dictateur devrait purger sa peine au Sénégal.