Nokia et le groupe français Alcatel-Lucent ont annoncé ce mardi dans un communiqué commun leur volonté de fusionner. Un bouleversement majeur dans le monde des télécommunications.

Le rachat d’Alcatel-Lucent par le Finlandais Nokia, qui serait rendu possible via une opération publique d’achat (OPA), est toutefois pour l’instant loin d’être concrétisé, dans la mesure où il n’y a « pas de certitude à ce stade » que les négociations aboutissent, selon le même communiqué. Si les sites économiques Bloomeberg et Les Echos avaient prédit dès ce lundi le rachat des activités économiques d’Alcatel-Lucent par Nokia, il est dorénavant connu que « toutes les activités du groupe » seront en fait concernées.

Des conséquences sur l’emploi incertaines

La réaction du gouvernement quant à cette éventuelle opération de rachat ne s’est pas faite attendre. Pas moins des 53 000 employés du groupe Alcatel-Lucent pourraient être concernés par cette fusion, dont 6 000 sur le territoire français. Une porte-parole de Bercy a ainsi déclaré à Reuters que le gouvernement « sera très attentif [aux] éventuelles conséquences sur l’emploi et l’activité des sites français d’Alcatel-Lucent, notamment en recherche et développement, et à ses effets sur l’ensemble de la filière télécoms en France ». C’est notamment dans cet objectif que reçoit François Hollande les dirigeants des deux groupes ce mardi après-midi à l’Elysée.

Deux entreprises en pleine restructuration :

Lorsque Michel Combes est arrivé à la tête d’Alcatel depuis avril 2013, sa mission première a été de relancer l’activité du groupe, alors en chute libre. C’est ainsi qu’est né en juin de la même année le plan de restructuration baptisé « Plan Shift en action ». Ses résultats positifs affichés dès la fin de l’année 2014 lui ont donné raison, Combes espérant sortir définitivement de la crise traversée par l’entreprise en 2016.Le groupe Nokia quant à lui, a cédé son activité téléphonie en septembre 2013 à Microsoft, pour mieux se positionner sur le marché des infrastructures et technologies à très haut-débit. C’est ainsi qu’il a vu son cours en Bourse tripler en deux ans pour atteindre 8 euros.

Les anciens PDGs de Nokia et Microsoft (Stephen Elop et Steven Ballmer de g. à dr.) le jour de la cession de l'activité téléphonie de Nokia

Les anciens PDGs de Nokia et Microsoft (Stephen Elop et Steven Ballmer de g. à dr.) le jour de la cession de l’activité téléphonie de Nokia

Un rachat plutôt risqué :

Bien que Nokia ne précise pas dans son communiqué les raisons motivant le rachat d’Alcatel, plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Il n’est tout d’abord pas exclu que l’opération ait pour vocation première de faire face à son leader historique sur le marché européen : Ericsson. En effet, Alcatel-Lucent apparaît comme une entreprise aux spécialités similaires à celles de Nokia et de taille comparable (Nokia compte 55 000 employés à travers le monde, contre 53 000 pour Alcatel-Lucent), il s’agit donc d’une excellente opportunité pour croître de façon rapide. La vigilance est toutefois de mise pour cette opération, car comme l’a démontré la fusion d’Alcatel avec l’entreprise Lucent en 2006, les rachats d’entreprises sont très de loin de se montrer toujours fructueuses. La nouvelle entité née de cette fusion, Alcatel-Lucent, n’a en effet subi que des pertes, hormis en 2011. Seul l’avenir nous dira que penser de cette nouvelle fusion.