Un juge fédéral d’Hawaï a bloqué mercredi la nouvelle version du décret anti-immigration de Donald Trump, quelques heures seulement avant son entrée en vigueur. 

Donald Trump a signé lundi 6 mars un second décret migratoire, interdisant la délivrance de visas aux ressortissants de six pays musulmans. Cette nouvelle mesure présidentielle a été bloquée par Derrick K. Watson, juge fédéral d’Hawaï, mercredi soir. Elle a été suspendue dans l’ensemble du pays, alors qu’elle devait entrer en vigueur ce jeudi 16 mars. Cette décision a été appuyée par un juge fédéral de Seattle dans l’Etat de Washington, qui a pris une motion bloquant le décret pour 14 jours.

Un « préjudice irréparable »

Le juge Derrick K. Watson, nommé à la Cour fédérale de Honolulu par Barack Obama, a expliqué que la suspension de ce nouveau décret permettait d’éviter un « préjudice irréparable. » Il s’appuie sur plusieurs déclarations du président américain à propos des musulmans et en conclut que « le décret présidentiel a pour objet de faire tomber en disgrâce une religion particulière, » d’après un correspondant du Figaro. Le juge affirme également que cette nouvelle mesure comporte « des preuves significatives et non réfutées d’animosité religieuse. »

Ce second décret anti-immigration interdit l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de six pays : Iran, Syrie, Yémen, Somalie, Libye, Soudan. Les modifications apportées par rapport au précédent document sont l’exemption des ressortissants d’Irak, ainsi que des détenteurs de « cartes vertes » et de visa.

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La réaction de Donald Trump

Donald Trump a tenu une réunion publique mercredi à Nashville dans le Tennessee, au cours de laquelle il a dénoncé la décision « erronée » du juge fédéral d’Hawaï. La justice commet un « abus de pouvoir sans précédent » selon le président américain. « Nous allons nous battre (…). Nous irons aussi loin que nécessaire, jusqu’à la Cour suprême s’il le faut. Nous allons gagner, » a-t-il déclaré à l’assemblée. Le président et ses ministres avaient défendu ces derniers jours ce décret, qu’ils considèrent « vital » pour la sécurité nationale du pays face aux menaces d’attentats.

Des opposants au décret se sont également exprimés sur le sujet.  « Le gouvernement Trump a peut-être modifié son texte discrédité, qui interdit l’entrée aux musulmans, mais il n’en a changé ni l’esprit ni les effets anticonstitutionnels, » a déclaré Xavier Becerra, procureur général de Californie. Son homologue de New York, Eric Schneidermann a quant à lui affirmé qu’un texte ayant pour objectif « de discriminer sur la base de la religion et l’origine nationale » était « illégal et contraire à la Constitution, » selon Ouest France.

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