Film d’animation de Noël pur sucre, Ballerina séduit-il autant que le laissaient espérer les premières images? On a enfilé les chaussons et on vous dit tout!

Mais c’est quoi déjà Ballerina? Félicie est une jeune orpheline bretonne qui n’a qu’une passion : la danse. Avec son meilleur ami Victor qui aimerait devenir un grand inventeur, ils mettent au point un plan rocambolesque pour s’échapper de l’orphelinat, direction Paris, ville lumière et sa Tour Eiffel en construction ! Félicie devra se battre comme jamais, se dépasser et apprendre de ses erreurs pour réaliser son rêve le plus fou : devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris…

Disney, Dreamworks, Illumination ou Laïka entre autres se partagent le gâteau gargantuesque d’un cinéma d’animation qui sait se rendre à la fois inventif et rester fidèle à des valeurs et un état d’esprit maison. Si parfois certains films passent à côté, il n’en reste pas moins qu’ils dominent sans partage leur domaine, laissant les autres majors se battre pour les miettes restantes. En France, quelques uns tentent de se singulariser avec les moyens du bord et compensent des budgets moins conséquents par une imagination fertile et surtout un talent sans bornes. Ma vie de Courgette (même si le réalisateur Claude Barras est suisse) a notamment damné le pion cette année à une grand partie de la production par un récit couplé à une sensibilité exceptionnelle pour traiter un sujet extrêmement grave avec une pudeur et une retenue qui touchaient en plein cœur.

C’est donc avec une curiosité bienveillante que l’on a découvert Ballerina, une production Quad Films (Intouchables) sortie de studios français et canadiens, dont l’histoire se situe dans le paris du 19e siècle et racontant le destin de deux orphelins qui s’enfuient de l’orphelinat des rêves chevillés au corps et au cœur pour mieux se soustraire à leur condition annoncée de laissés pour compte.

Réalisé par Eric Summer (réalisateur de nombreuses séries télé) qui en a eu l’idée originale et par Eric Warin, Ballerina est un très joli film, aux couleurs flamboyantes, à l’animation fluide et léchée, à la reconstitution bluffante du Paris d’antan et qui bénéficie du talent d’une équipe créative renforcée pour le besoin du réalisme des chorégraphies par les danseurs Aurélie Dupont et Jérémie Bélingard qui ont fait un travail incroyable dont le rendu est réellement impeccable. Si la forme impressionne, on reste plus circonspect devant une histoire qui recèle bien peu de surprises et dont on voit les péripéties arriver longtemps à l’avance. On est aussi décontenancé par une BO très efficace et entrainante mais pas toujours très pertinente, malgré une utilisation à la fois de la musique classique ou encore du  r’n’b mais s’appuyant uniquement sur des chansons en langue anglaise ce qui est un peu dommage, mais montre bien l’ambition internationale du projet.

Du côté des voix c’est plutôt une bonne pioche. Camille Cottin (Connasse, Princesse des Cœurs) est impeccable dans les chaussons de danse de Félicie, mais par contre si Malik Bentalha fait le job, sa voix colle moins bien à Victor et il faut un temps d’adaptation pour oublier l’acteur et se focaliser uniquement sur le personnage. Si Ballerina nous émeut et nous touche, c’est surtout qu’il renvoie à nos sensations d’enfant et c’est aussi la limite d’un film qui s’adresse avant tout aux touts petits.

En découvrant Ballerina, les petites filles qui rêvent de faire de la danse leur vie ou les petits garçons plein d’imagination et de débrouillardise ne pourront que s’identifier aux deux héros d’un film vivant et vibrant qui manque juste d’une dimension plus charpentée pour toucher absolument tout le monde.

Ballerina de Eric Summer et Eric Warin – En salles le 14 décembre 2016