Alors que Prison Break est attendue pour le 4 avril, une autre série culte des années 2000 est revenue et c’est 24 : Legacy. Que vaut ce début de saison ?

C’est quoi 24 : Legacy ? Eric Carter, un héros de guerre contraint de vivre sous une fausse identité après son retour aux États-Unis, doit faire appel à la Cellule Anti-Terroriste pour sauver sa peau et empêcher un attentat.

Un remake efficace mais inutile

Avec nous, vous allez à l’opposé de tout ce que vous avez peut-être lu sur 24 : Legacy. Beaucoup ont détesté ce remake, y compris parmi nos confrères. Ce n’est pas notre cas. On a passé un bon moment devant les deux premiers épisodes qui ouvrent cette saison. L’action est toujours au rendez-vous, le héros court dans tous les sens et fait bien le job. On a pu lire partout que beaucoup le trouvaient mauvais. Non, il fait ce qu’il a à faire et ce n’est pas comme si Kiefer Sutherland était le meilleur acteur du monde dans 24 (il est bien meilleur dans Designated Survivor).
En fait, le soucis de 24 : Legacy est qu’elle refait sans rien changer une série qui était arrivée en bout de course, qui avait usée son concept. On retrouve dans chacun des deux épisodes tout ce qui faisait le sel de 24 et tout ce qui finissait par nous énerver aussi dans la série qui a répété jusqu’à plus soif ses recettes. Du coup, on en vient presque à pouvoir anticiper chacun des coups que les auteurs ont préparé.
Un remake n’a de sens que si c’est pour réinventer un format. Si c’est pour refaire à l’identique, ça n’a aucun intérêt, même si on passe un moment pas désagréable devant.

24 : Legacy, une polémique justifiée ?

Depuis la diffusion de ces deux épisodes, on peut lire ici et là, sous la plume de certains de mes confrères notamment, que le propos de la série est dangereux, cautionnant la politique anti-musulman de Trump. Rappelons d’abord que ce n’est pas la première fois que la série essuie des critiques. Lors des premières saisons, on l’accusait d’être une série pro-Bush, de cautionner la torture, obligeant même les auteurs à faire leur mea culpa en début de saison 7 en faisant comparaître leur héros devant un tribunal. La série en a donc vu d’autres même si toutes les critiques qui lui étaient faites étaient souvent méritées.
La polémique est-elle justifiée ?

24 : Legacy a été écrite sous le mandat d’Obama, à une époque où sans doute personne ne pouvait penser que Donald Trump deviendrait Président, ce qui déjà met un peu à mal cette polémique. Car franchement on ne la comprend pas, en tout pas à l’aune de ces deux épisodes (en revanche, si à l’issue de la saison, la série n’a montré ni sauvé aucun personnage musulman, on aura un sérieux problème). Oui en ce début de saison, on rend tous les personnages suspects, c’est le principe même de la série que de jouer avec cette suspicion pour ensuite la désamorcer avec des twists pas toujours très fins d’ailleurs.
Et l’histoire de la série depuis son arrivée en 2001 nous a montré que c’est souvent à l’intérieur de l’appareil de l’Etat que se situe l’ennemi.
Peut-être la solution eut été de faire d’un américain musulman le héros de ce nouveau 24, la portée aurait été forte. Mais en même temps, ça a déjà été fait et la série, brillante, s’appelait Sleeper Cell.
Que fallait-il faire ? Jeter 24 : Legacy à la poubelle après l’élection de Trump ?

24 : Legacy n’est pas une mauvaise série, c’est juste un remake inutile qui n’apporte rien de neuf mais qui vous fera passer un moment fun.

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