Au lendemain de l’attaque survenue à l’aéroport d’Orly, Radio VL était sur place et a testé pour vous les mesures de sécurité mises en place dans ce lieu fréquenté par plus de 30 millions de passagers en 2016. 

Un homme a été abattu samedi matin à l’aéroport d’Orly après avoir tenté de dérober l’arme d’un militaire. Au lendemain de cette attaque, qu’en est-il des mesures mises en place pour garantir la sécurité des milliers de passagers qui fréquentent chaque jour l’aéroport parisien ?

Des failles de sécurité constatées

Première constatation :  les passagers ne sont pas contrôlés lors de leur entrée dans le bâtiment principal de l’aéroport. N’importe qui peut entrer dans l’enceinte avec n’importe quel objet, notamment une ou plusieurs armes. Les premiers portiques de sécurité ne sont franchis que dans un deuxième sas avant l’embarquement et après l’enregistrement des bagages.

Une passagère présente lors l’attaque samedi matin a remis en cause la sûreté du site. « Quand on est arrivés à l’aéroport, il n’y avait aucune sécurité, puisque tout le monde peut rentrer, » a-t-elle expliqué à RT France. « Dans certains pays on fouille les gens, même avant d’entrer. Là, la personne est rentrée et elle a fait ce qu’elle voulait ! »

Le site d’Air France conseille à ses passagers d’arriver à l’aéroport au moins 2h avant le départ de leur vol pour pouvoir s’enregistrer « en toute tranquillité. » Il est malheureusement difficile d’enregistrer ses bagages « sereinement » lorsque vous vous trouvez au milieu d’une queue composée d’une centaine de personnes qui pourraient avoir une arme ou une bombe dans leur valise et qui pourraient l’utiliser à tout moment.

De nombreux centres commerciaux et grand magasins parisiens pratiquent encore la fouille à l’entrée de leurs bâtiments. Il est donc extrêmement surprenant que ce type de normes de sécurité ne soit pas appliqué dans un lieu aussi fréquenté qu’Orly au lendemain d’une telle attaque. La question de la mise en place de contrôles dès l’entrée des terminaux d’aéroport refait donc surface, mais n’est pas souhaitable selon le directeur d’Orly.

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Un journaliste prend l’avion sans jamais être contrôlé

Ces dernières années, des failles de sécurité ont été révélées dans de nombreux aéroports dans le monde entier.

Pendant les semaines suivant les attentats à l’aéroport de Bruxelles-National, des contrôles ont été effectués par la Direction générale du transport aérien (DGTA)  pour vérifier les mesures de sécurité mises en place, raconte La Libre Belgique. Un inspecteur a par exemple pu accéder à ses bagages déjà enregistrés à deux reprises alors que l’accès à un tel espace est normalement réglementé. Les bagages en cabine ne semblent également pas assez contrôlés. Un autre inspecteur explique que certaines chaussures de passagers n’ont pas été contrôlées aux rayons X, même après avoir sonné au portique de détection.

Au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, un membre de l’équipe de l’émission 7 à la Une avait réussi à prendre l’avion de Bruxelles à Barcelone sans jamais que son identité soit contrôlée, rapporte la RTBF. La journaliste belge Emmanuelle Praet avait quant à elle réussi à passer les contrôles de sécurité de l’aéroport de Roissy avec des armes et des explosifs. « A l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, nous sommes montés dans un avion avec des explosifs cachés dans un rasoir, » a-t-elle expliqué à RMC. « On aurait pu faire sauter tout l’avion. »

En 2015, un test mené par l’Inspection générale (OIG) dans les aéroports américains révélait de graves failles de sécurité selon Le Figaro. Des agents sous couverture ont passé les points de contrôle avec des armes ou des explosifs factices à 67 reprises, sur 70 tentatives. Mais ce n’est pas tout, ce test a également mis en lumière le recrutement d’au moins 73 employés malgré de possibles liens avec des organisations extrémistes.

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