De toutes les séries françaises, elle est toujours l’une des plus attendues. Engrenages saison 6 fait son retour sur Canal+ et on vous dit pourquoi c’est toujours très bien.

C’est quoi Engrenages saison 6 ? Le 2e DPJ est appelée sur une scène de crime exceptionnelle : un tronc humain retrouvé dans un tas d’encombrants dans le 20e arrondissement. Une enquête éprouvante et complexe démarre, alors que chacun cherche sa place au sein du groupe avec l’arrivée d’un nouveau commissaire. L’enquête mène le groupe dans une banlieue nord où le commissaire Herville a été muté. Ils vont mettre au jour corruption et achat de paix sociale dans un quartier rongé par la délinquance et la pauvreté. Corruption qu’affrontent également de leur côté Roban et Joséphine alors qu’ils vivent des épreuves intimes inattendues.

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Engrenages, un retour forcément attendu

Depuis 2005 et son lancement sur Canal+, Engrenages est devenue la quintessence de la série policière de qualité et la démonstration parfaite que la fiction française peut convaincre bien au delà de nos frontières. Alors que la politique de Canal, comme des autres chaînes, tend à rapprocher les saisons dans le temps, Engrenages conserve son caractère événementiel et peut ainsi revenir tous les 2 à 3 ans. Bien trop peu quand on aime mais il paraît que c’est ainsi qu’on peut préserver la qualité comme le disait une responsable de la chaîne.

Cette saison 6 est attendue autant par le public que par la critique et elle ne devrait décevoir personne. Comme à chaque nouvelle saison, la série explore une nouvelle thématique et pour ce nouvel opus, place à un sujet chaud puisqu’elle s’aventure sur les terres du 93 et montre comment certains délinquants contrôlent les quartiers. Toujours chapeautée par Anne Landois, showrunner de la série, Engrenages bénéficie d’une écriture remarquable de tous les instants qui parvient à saisir au plus près le travail des policiers.

L’intrigue de Engrenages saison 6, c’est tout à la fois une pelote de laine et une spirale. Pelote de laine car il faut entièrement la dérouler pour comprendre le cœur de l’intrigue et le meurtre d’un policier en début de saison ne peut en aucun cas laisser devenir ce par quoi on va passer d’ici le 12ème épisode ; une spirale (titre anglais de la série) car chaque événement et / ou drame a des conséquences imprévisibles. L’achat de la paix sociale dans les quartiers à quel prix ? Ce pourrait être le thème central de cette saison 6 qui bénéficie pour la mettre en place d’une réalisation au couteau avec de grands moments de bravoure : une course poursuite en pleine Gare du Nord, scène simple en apparence mais qui a demandé un vrai travail d’orfèvre ; on note également 2 séquences magistralement mise en scène que sont l’intervention policière dans un camps de roms ou les émeutes qui éclatent à Cleary. Auteurs et réalisateurs travaillent ainsi en parfaite harmonie pour livrer un balais de scènes d’un réalisme impressionnant.

Un casting 5 étoiles pour une histoire remarquable

Trois éléments concourent à faire d’Engrenages une de nos plus remarquables fictions : écriture, réalisation et interprétation. Si on a déjà évoqué le formidable talent des scénarios et de la mise en images, la série ne serait rien sans son équipe de brillants acteurs. Si on regrette que ce qu’on leur donne à jouer d’une saison à l’autre semble parfois beaucoup se ressembler (Gilou qui fait des conneries en étant la tête brûlée de l’équipe ou encore Tintin et ses problèmes familiaux), la qualité de jeu est non seulement intact mais ne cesse de progresser.

Caroline Proust démontre qu’elle a entre ses mains l’un des plus beaux rôles féminins de la télévision et qu’elle s’en empare d’une manière remarquable, en montrant cette année qu’elle est capable de fendre l’armure et d’accepter de devenir la femme qu’elle n’aurait jamais pensé devenir ; Philippe Duclos et son alter ego Roban sont indissociables l’un de l’autre et le drame qu’il traverse dans la saison 6 nous le montre sous un jour bouleversant ; quant à Nicolas Briançon, il est parvenu à donner à Herville une dimension dramatique d’une incroyable justesse et s’il pouvait nous apparaître détestable dans sa première saison (la 4ème), il est aujourd’hui devenu un chef charismatique qui bien que ne travaillant plus avec eux, démontre qu’il fait partie de la famille du DPJ.
A leurs côtés, Thierry Godard, Fred Bianconi et Audrey Fleurot complètent le tableau pour faire d’Engrenages l’une des meilleures séries policières. Et l’une des plus réalistes. Il y a une manière de s’en rendre compte : ils parlent vrai et « bougent vrai ». Cela peut paraître anecdotique mais quand on les voit parler, se mouvoir, on y croit, on a l’impression de voir des flics au coin de la rue. Cela paraît simple mais c’est sans doute l’une des choses les plus dures à atteindre : toucher à une vérité de chaque instant. LA condition pour une bonne série réaliste et dans le réel.

Engrenages saison 6 est toujours la série policière que l’on aime tant. Malgré des facilités par moment dans le traitement des personnages, elle demeure d’une puissance folle. Avec ces 12 nouveaux épisodes, Engrenages est non seulement l’une de nos meilleures séries policières, mais sans doute aussi notre meilleure série politique. Parvenir à concentrer ces deux éléments au sein d’un même programme prouve s’il était utile de l’intelligence d’écriture d’Anne Landois et ses auteurs.

Engrenages saison 6 dès le 18 septembre sur Canal+