Forte de son succès auprès d’un public fidèle et passionné, Outlander revient le 11 septembre avec une saison 3, pour confirmer qu’elle va bien au-delà d’une romance fantastique.

C’est quoi, Outlander ? Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Claire Beauchamp (Caitriona Balfe) est mariée à Frank Randall (Tobias Menzies), un historien d’origine écossaise. Lors d’un séjour dans les Highlands, la jeune femme est victime d’un sortilège qui la propulse en 1743, en pleine campagne écossaise. Prise en chasse par l’armée anglaise menée par le cruel Black Jack Randall (qui n’est autre que l’ancêtre de son mari), elle prend la fuite et trouve refuge auprès d’un clan local. Pour assurer sa protection, elle est contrainte d’épouser Jamie Frasier (Sam Heughan), un jeune et farouche guerrier écossais. Le mariage forcé se transforme vite en passion volcanique. Mais tandis que la guerre entre anglais et Écossais est imminente, Claire doit faire un choix : déchirée entre ses deux maris, va-t-elle rester ou tenter de regagner son époque d’origine ?  

Outlander est l’adaptation des romans de Diana Gabaldon, qui y mélange fiction historique, aventures, romance, érotisme et fantastique pour raconter l’histoire de Claire, mystérieusement transportée de 1945 à 1743 au travers d’une espèce de portail temporel situé dans un ancien lieu de culte celtique. Elle y fait la connaissance de Jamie avec qui elle va vivre une passion romanesque. A première vue, Outlander est donc une série fantastico-sentimentale. Oui, mais il y a davantage…

Et d’abord un contexte spatio-temporel particulier, dont Outlander tire le meilleur. Tournée en grande partie en Écosse, la série en exploite à merveille les paysages : la lande sauvage, les ruines mystérieuses, les somptueux châteaux (comme Doune Castle, vu aussi dans Game of Thrones), ou encore le Cairngorms National Park  qui sert de cadre au générique. Des panoramas spectaculaires accompagnés d’une bande-son folklorique telle qu’on l’imagine, à grands renforts de cornemuses et de bombardes.

L’intrigue centrale se déroule en 1743, dans une Écosse sous le joug anglais. Certains s’accommodent de la situation ; d’autres fomentent une rébellion. Appuyant Charles Édouard Stuart (surnommé Bonnie Prince Charles), exilé en France et prétendant au trône, les highlanders se préparent à une guerre d’indépendance contre la couronne anglaise. La période est d’autant plus intéressante qu’elle est en général peu connue ou, du moins, présentée d’un point de vue anglais. Ici, on assiste aux bouleversements de l’époque à travers le regard des Écossais, à un moment charnière de leur histoire. Comme on pouvait l’espérer, la reconstitution est convaincante, le soin minutieux apporté aux costumes et décors créant une impression de réalisme qui crédibilise l’ensemble. Un contre-point nécessaire, dans une histoire au départ fantastique. On en vient même à oublier les prémices surnaturelles de l’intrigue : c’est un élément déterminant, mais Outlander tient surtout du drame historique. Ce qui nous intéresse, c’est moins le pourquoi du comment du voyage dans le temps que les péripéties vécues par Claire et Jamie.

C’est pas tout ça : on a aussi des Anglais à massacrer

 

Petites escarmouches ou batailles militaires, tractations diplomatiques ou négociations dans l’ombre, intrigues de couloir… Outlander s’appuie sur le contexte historique pour complexifier son récit et étendre son propos. Elle explore ainsi d’autres lieux (La cour de France en saison 2 et vraisemblablement l’Amérique dans les prochaines saisons) et met en avant des personnages secondaires qui existent par eux-mêmes grâce à la personnalité qu’ils acquièrent. Toujours focalisée sur Jamie et Claire, Outlander mêle plusieurs intrigues, dans des épisodes à la construction fluide et maîtrisée. Sans précipiter les rebondissements, chacun délivre son lot de surprises et le récit progresse avec cohérence – y compris lorsque les changements d’époque interdisent de s’appuyer sur la chronologie. Les ficelles sont parfois un peu grosses, mais peu importe : on se laisse prendre par un récit où la tension va crescendo, culminant dans des cliffhangers redoutables qui nous plongent dans les affres de l’angoisse en mettant systématiquement en péril Claire et Jamie.

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Les deux héros sont magnifiquement interprétés. Sam Heughan apporte son charisme, son physique avantageux et sa sensibilité (et son accent écossais) à Jamie ; mais c’est surtout sur la belle Caitriona Balfe que repose la série. Il faut de la présence, du talent et du courage pour se glisser dans la peau de Claire, à la fois flamboyante et proche de nous, qu’on admire et qu’on aime dès les premières secondes. Sur le papier, le personnage est déjà extrêmement intéressant : héroïne malgré elle, victime d’un sortilège magique, la voilà emportée dans les soubresauts d’une Histoire qui la dépasse et dans les tourments d’un triangle amoureux improbable, entre deux maris…  Son époque d’origine en fait aussi, au milieu des femmes du XVIIIème siècle,  une féministe progressiste et moderne ; ce n’est pas l’aspect le moins réussi du personnage.

Claire et Jamie, un couple irrésistible

Ensemble, ils forment un couple irrésistible, et la complicité que l’on sent passer à l’écran était indispensable. Car il faut l’admettre : Outlander est d’abord une histoire d’amour terriblement romanesque. Elle imprègne les aventures des deux héros et se nourrit des événements historiques qu’ils traversent. Outlander, c’est la rencontre improbable de deux âmes-sœurs liées l’une à l’autre par une passion qui se construit dans l’adversité et qui triomphe de toutes les épreuves. Dit comme ça, on pourrait craindre que la série vire à la bluette pour midinette, mais ce n’est pas le cas  – le réalisme que l’on évoquait plus haut, la violence inhérente au contexte historique, les scènes de sexe la préservent de toute mièvrerie. Au passage, Outlander a l’immense vertu d’aborder la sexualité de manière crue mais dans une perspective féminine – chose encore trop rare dans ce genre de fictions, où l’on a tendance à suggérer les choses, en présumant que le romantisme impose de dissocier les sentiments de l’épanouissement sexuel.  

Histoire, aventures, complots, trahisons, fantastique, passion amoureuse… Il y a tout cela dans Outlander. Les grands sentiments, le récit romantique s’écartent de toute idéalisation mièvre en s’appuyant sur des intrigues intelligentes  et bien construites. Oui, Outlander est d’abord une histoire d’amour, mais une histoire qui s’enrichit de tout un contexte. Et au vue des tomes suivants, on n’a aucun doute : les prochaines saisons seront tout aussi passionnantes. A commencer par la saison 3, diffusée prochainement aux États-Unis…

Outlander.

2 saisons disponibles en DVD.
Saison 3 à  partir du 11 Septembre sur Netflix France. 
Romans édités en France chez J’ai Lu.