L’attentat-suicide de Lahore (à l’est du Pakistan) a fait 72 morts et 300 blessés dimanche 27 mars, d’après le dernier bilan. Jamaat-ul-Ahrar, groupe taliban pakistanais qui revendique l’attentat, a indiqué qu’il visait la minorité chrétienne de la ville. 

Dimanche 27 mars à Lahore, un kamikaze s’est fait exploser dans le parc pour enfants de Gulshan-e-Iqbal, près du centre-ville. En ce dimanche de Pâques, le parc était bondé. Un témoin de l’attentat suicide raconte : « Lorsque l’explosion s’est produite, les flammes sont montées si haut qu’elles ont dépassé les arbres et j’ai vu des corps voler dans les airs. »

La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Le groupuscule taliban pakistanais Jamaat-ul-Ahrar a revendiqué l’attaque et a précisé qu’elle visait la minorité chrétienne de la ville. Sur les 72 victimes de l’attentat, 10 à 15 seulement étaient chrétiens. Les autres étaient de confession musulmane.

A Lahore, fief du premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, les chrétiens représentent 2% de la population, à majorité sunnite. Lahore, située à l’est du pays, est très rarement visée par les talibans, qui concentrent plutôt leurs efforts au nord-ouest, à la frontière avec l’Afghanistan.

Trois jours de deuil national

Les autorités locales ont ordonné un deuil de trois jours et ont décidé la fermeture de tous les parcs et jardins publics, ainsi que des principales zones commerciales. Le Premier ministre a annulé sa visite en Grande-Bretagne prévue ce lundi 28 mars après une réunion de plusieurs heures dimanche, notamment avec son ministre de l’Intérieur.

Selon le quotidien pakistanais The News, une quinzaine de personnes ont été arrêtées suite à l’attentat, dont trois frères du kamikaze qui a pu être identifié car sa tête a été retrouvée sur les lieux.

Les Etats-Unis et le secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon ont d’ores et déjà condamné l’attaque. Le Premier ministre indien Nardendra Modi s’est entretenu au téléphone avec son homologue pakistanais. Le Vatican a quant à lui déclaré que ce tragique événement « jette une ombre d’angoisse et de tristesse sur les fêtes de Pâques ».

*Image en Une : lefigaro.fr