Après Mascarades dont on vous parlait il y a peu, Coralie Miguel et Marina Gauthier « récidivent » c’est le cas de le dire avec La petite fille vêtue de rose…et on adore.

C’est quoi « La petite fille vêtue de rose » ? Gaëlle jeune gynécologue pleine d’ambition, se retrouve incarcérée dans la prison de York. Nevena, sa codétenue tue le temps en écrivant dans des carnets ses rêves de liberté… Liées malgré elles, ces deux femmes, qu’apparemment tout oppose se découvrent, au fil de leurs confessions… Sous l’emprise d’une matonne omniprésente, l’une fait tout pour survivre dans ce quotidien glaçant, tandis que l’autre reprend à nouveau goût à la vie

Un sujet délicat mais courageux

On dit souvent que la fiction française a besoin de se régénérer pour sortir des sujets qui se répètent. Peut-être faut-il aussi aller voir du côté de la scène pour débusquer les courageux auteurs de demain.
Nous avons fait le pari de croire en deux jeunes femmes, Coralie Miguel et Marina Gauthier qui s’étaient déjà attaquées à la solitude des personnes âgées dans leur premier spectacle, on ne s’était pas trompé. Elles montent d’un cran encore dans l’audace avec ce second spectacle, écrit cette fois par Coralie Miguel (qui incarne aussi Nevena dans la pièce) et mis en scène par Marina Gauthier. Il fallait oser choisir de monter sur scène avec un spectacle aussi difficile, aussi sombre, qui peut tantôt mettre mal à l’aise, tantôt émouvoir plus qu’on ne le voudrait. Portée par un décor à la fois simple et en même temps permettant une immersion totale dans la cellule de ces deux prisonnières, La petite fille vêtue de rose se révèle un voyage soutenu et dur dans une incroyable histoire entre deux jeunes femmes qui n’avaient à priori rien pour s’entendre. Et on n’en ressort pas indemne, c’est une histoire qui questionne. Si les références à des univers comme La ligne verte ou Orange is the new black, Coralie Miguel parvient grâce à son écriture à créer son propre univers.

Un casting de talents à surveiller

L’immersion dans l’univers de cette pièce est immédiat puisque le public entre dans la salle et Coralie Miguel est déjà sur scène, incarnant Nevena et « vivant » dans sa cellule devant le public.
Puis le spectacle commence et durant 1h40, ces 3 jeunes comédiennes se livrent à un face à face éprouvant tous leurs sentiments, tous nos sentiments jusqu’à l’épuisement. Thaïs Lamothe en matonne exerce une pression continue sur ces 2 co détenues unies par le destin; Sevda Bozan dont c’est le premier rôle sur scène éblouit par son jeu multiple (une future grande qui en a sous le pied comme on dit). Quant à Coralie Miguel, c’est notre révélation, notre petit diamant qui s’illustre dans le jeu, l’écriture ou même la mise en scène (dans Mascarades) avec une audace, une virtuosité et un charme de tous les instants. Cette jeune artiste et cette jeune femme est littéralement bluffante à chaque instant.

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