Dans son programme Emmanuel Macron souhaitait instaurer un statut de première dame de manière officielle pour son épouse. L’idée est contestée principalement pour des raisons d’incohérence soulevées par les signataires de la pétition.

Thierry Paul Valette, citoyen engagé contre la corruption, a rédigé une lettre destinée à Emmanuel Macron ainsi qu’à son premier ministre Edouard Philippe. Cette lettre a été soumise à la signature des citoyens français sous forme de pétition. Ce lundi 7 août, elle a atteint plus de 200 000 soutiens en deux semaines seulement.

Le statut de première dame

Aux Etats-Unis, rien d’étonnant en ce qui concerne le statut de First Lady. Aujourd’hui, c’est Melania Trump qui occupe le poste. Mais avant elle déjà, les FLOTUS (acronyme de First Lady Of The United States) avaient un rôle à tenir en tant qu’épouse du président.

Depuis 1978, une loi accorde à la première dame une équipe d’une douzaine de personnes. Pour l’aider à remplir les tâches liées à ce poste, le statut de première dame permet d’être entouré d’un chef de cabinet, d’un attaché de presse et d’un conseiller.

Non rémunérée, elle a tout de même une position visible dans le gouvernement. Michelle Obama pour sa part, a par exemple décidé de s’engager auprès de la Croix-Rouge américaine, de l’éducation, de l’obésité et des familles de militaires.

De cette manière naît une transparence des dépenses, selon la politologue Armelle LeBras-Chopard. Cet éclaircissement est d’ailleurs nécessaire puisque certains semblent avoir une compréhension biaisée du statut.

Les commentaires en dessous de la pétition sur Change.org révèlent en effet que de nombreux citoyens pensent que la création du statut de première dame signifie qu’on lui alloue un budget illimité pour ses robes et autres caprices.

Des contestations de la part de la société civile

Il serait donc nécessaire d’éclaircir les tenants et les aboutissants de l’instauration d’un statut de première dame afin d’éviter des conclusions hâtives sur les intentions de Brigitte Macron.

Le premier argument de Thierry Paul Valette est l’incohérence dans le discours du président. D’une part, ce dernier veut instaurer une loi sur la moralisation de la vie publique. Cette loi vise à rétablir la confiance envers les politiques en empêchant notamment les députés d’engager des membres de leur famille en tant que collaborateurs. D’autre part, Emmanuel Macron souhaite établir un statut à part entière pour sa conjointe.

On remarque également une différence culturelle avec les américains. Pour eux, le statut de première dame coule de source. Elle va œuvrer à son échelle pour des thématiques spécifiques au sein du pays. En revanche en France, les contestataires clament avoir « voté pour un homme et non pour un couple ». Certains insistent également sur le pouvoir qu’ils ont offert à Emmanuel Macron en votant « contre Marine Lepen ». Ils espèrent donc que le président sache être reconnaissant en continuant à laisser aux Français le choix de leur représentativité.

L’Elysée a assuré le lundi 7 août, qu’aucun statut ne serait promulgué. Une « charte de transparence » devrait voir le jour pour cadrer le rôle de la première dame.