L’élève passait vendredi dernier l’épreuve d’histoire-géo de son bac L mais aucun des deux sujets ne l’inspirait. Plutôt que de rendre une copie blanche, il a donc décidé d’écrire à la place un essai sur la situation des homosexuels en Tchétchénie.

 

Un essai sur les homosexuels de Tchétchénie

Au choix, les élèves de la filière littéraire devaient composer sur le « Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne des lendemains de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours » ou sur « La Chine et le monde depuis 1949 ».

Faustin n’avait cependant pas bien révisé, pour aucun des deux sujets. Il s’attendait en effet à une majeure géographie, comme la majorité des étudiants, et a été pris au dépourvu lorsque l’histoire est finalement tombée. Il s’est donc lancé dans un essai sur la situation des homosexuels en Tchétchénie. Après l’épreuve, il a posté son brouillon sur Twitter et le post n’a pas mis longtemps à être relayé par des milliers d’utilisateurs.

Interrogé par le Huffpost, l’élève a expliqué son choix : « Je craignais la copie blanche et je devais rester au moins une heure dans la salle, donc je me suis dit ‘autant mettre ce temps à profit’. Puis j’ai pensé au contexte du monde actuel, à la Tchétchénie, et j’ai décidé d’écrire dessus parce que c’était important pour moi. »

Il terminera son essai avec une incitation à réagir : « Aujourd’hui, des homosexuels meurent en Tchétchénie. Aujourd’hui, des gens comme vous et moi meurent en Tchétchénie pour avoir choisi d’être qui ils sont. Réagissez. #UrgenceTchétchénie ».

 

Un texte vivement commenté

Le but de Faustin était qu’on parle de la situation en Tchétchénie et son but est partiellement atteint. Son post a en effet été retweeté des milliers de fois. Mais la réaction n’a pas toujours été positive. Certains l’accusent en effet de mentir et pensent que l’élève n’a pas vraiment rendu sa copie avec le contenu de son brouillon. D’autres pensent qu’il cherchait à créer le buzz. Lui affirme cependant qu’à « deux-trois mots près, c’est bien ce [qu’il] a écrit ».

La plupart des utilisateurs de Twitter le défendent néanmoins car, pour eux, le but premier est de répandre l’information et d’accroître la discussion sur la situation en espérant que plus de pays réagissent et aident les homosexuels torturés encore aujourd’hui en Tchétchénie.

Faustin a lui aussi déclaré au HuffPost : « Je suis content parce que ça fait réagir les gens, en bien ou en mal mais au moins ils en parlent, et c’est important pour sensibiliser le plus de monde possible sur ce qui se passe là-bas, parce qu’il n’y a pas vraiment de réactions vis-à-vis de ce génocide. » C’est donc finalement un mal pour un bien.

On lui souhaite en tout cas, à lui ainsi qu’à tous les autres élèves, de réussir le reste des épreuves.

 

Tchétchénie : au moins six prisons secrètes détiennent illégalement des homosexuels