Comme chaque année depuis 1933, le célèbre Prix Albert Londres a été remis au meilleur reporter de presse écrite. Depuis 1985, le jury honore également le meilleur reporter audiovisuel et, pour la première fois cette année, un Prix Albert Londres du livre a été attribué. Retour sur les lauréats.

Samuel Forey, meilleur reporter de presse écrite

Journaliste indépendant en Irak, Samuel Forey a été récompensé pour sa série de reportages publiés dans le Figaro depuis l’automne 2016. Il a en effet couvert la bataille de Mossoul à travers de nombreux reportages tels que « Le police des mœurs féminines de Daech », ou encore « Ces Américains ambulanciers « sauveurs » des pechmergas ».  « Son traitement de la grande bataille de Mossoul pour Le Figaro, depuis l’automne 2016, a démontré, outre un courage et un sens du terrain évidents, une justesse de regard et une écriture d’une vivacité, d’une tendresse et d’un humanisme qui le classent à l’évidence dans la lignée d’Albert Londres. Des histoires, des images, des dialogues… Du journalisme de guerre à hauteur d’hommes, attentif aux gestes et aux regards, aux guerriers et aux civils, aux armes des djihadistes comme aux roses d’un jardin de la vieille ville » a expliqué le jury, présidé par Annick Cojean.

Le 19 juin dernier, le journaliste de 36 ans a été blessé dans l’explosion d’une mine à Mossoul qui a coûté la mort  à ses confrères Véronique Robert, Stephan Villeneuve et Bakhtiyar Haddad. La cérémonie de remise des prix leur était aujourd’hui dédiée.

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Les Revenants, David Thomson

Pour la première fois, un Prix Albert Londres du livre a été attribué.  Et c’est le journaliste de RFI et Lesjours.fr, David Thomson, qui le remporte avec son livre Les Revenants, vendu à plus de 40 000 exemplaires. Cette enquête, publiée fin 2016, s’intéresse aux jeunes djihadistes français qui rentrent de Syrie ou d’Irak.  « David Thomson est un éclaireur, qui, durant cinq ans, a fait preuve de courage, de persévérance, d’audace et d’une formidable intégrité en donnant la parole à des Français partis faire le djihad en Syrie et de retour en France. Toujours à bonne distance de ces sources, dans un univers difficile et dangereux. Lucide et sans œillères, totalement engagé -pour RFI et pour le site Les Jours-, dans un sujet qui a dévoré sa vie sociale et personnelle. », a justifié le jury.

« Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? »

Quant aux journalistes Tristan Waleckx et Matthieu Rénier, ils reçoivent le 33e prix de la catégorie audiovisuelle pour « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? »,   portrait controversé du riche homme d’affaire. En effet, le patron du groupe Canal+ avait assigné France 2 devant le tribunal de commerce de Paris suite à sa diffusion dans Complément d’enquête. Le jury, lui, a su « appréci[er] la rigueur de ce travail qui illustre l’indépendance et l’audace de la télévision de service public en matière d’investigation ».