A l’occasion de la 5 ème  Compétition Internationale de Chant  pour l’Opéra Baroque Pietro Antonio Cesti, à Innsbruck, la Rédaction a rencontré quelques candidats de différentes nationalités.Parmi les chanteurs participant au concours, la plupart a déjà commencé une carrière musicale. Nous avons cherché à comprendre ce que recherchaient ces jeunes, sur le plan musical et humain, dans le cadre de ce challenge lyrique.

Capucine Keller, soprano francophone de 29 ans, est diplomée de la Haute Ecole de Musique de Lausanne, où elle a fait ses classes avec Brigitte Balleys. Elle a obtenu en 2010 un Bachelor of Arts avec les félicitations du jury. Ainsi que le prix d’excellence et un Master d’Interprétation en 2012.Elle a participé au premier tour du concours. Il s’agissait  de la première fois qu’elle s’engageait dans une compétition. Elle nous a livré ses réflexions aussi bien concernant cet exercice qu’au sujet de sa carrière de chanteuse.  Capucine, n’avait pas d’affinités particulières avec l’univers baroque jusqu’au moment où son professeur l’a encouragé à passer une audition pour l’ « Incoronazione di Poppea » de Monteverdi. Elle y a interprété le rôle de Valletto sous la baguette de Leonardo Garcia Alarcon (Cappella Mediterranea).

Depuis le chef d’orchestre la soutient et lui a permis de chanter dans plusieurs projets. « La vie musicale est plus facile lorsque l’on est déjà introduit dans un ensemble » nous fait remarquer Capucine avec justesse. De fait, par contact interposé, les opportunités deviennent plus fréquentes. Le registre baroque n’est pas le seul que fréquente la jeune soprano. Elle fait partie de ces musiciens ouverts d’esprit qui flirtent avec le répertoire contemporain. Elle a chanté dans une œuvre furieusement originale : « Psychose 4.48 » (rôle d’ « Elle ») de Blaise Ubaldini !

Capucine a une couleur vocale très claire, et une personnalité dramatique bien installée dans son chant. Elle dit d’elle même que tout en ayant une musicalité facile et très développée elle doit tout de même travailler vocalement.Un bon point pour elle, la musicalité ne s’apprend pas, la technique oui !

Un concours ça se prépare, peut-être un peu rapidement pour certains. En l’occurrence Capucine n’a pas choisi la chaussure la mieux adaptée à son pied. Un air de Monteverdi autre qu’un lamento l’aurait peut être mise un peu moins en danger. Si les concours musicaux, apportent un certain prestige à leurs lauréats, ceux qui ne les remportent pas ont néanmoins leur chance. Un certain nombre d’agents et de journalistes assistent à ces auditions publiques afin de repérer les étoiles montantes de demain. Il y a une grande part de chance également. Mais Capucine la prudente, a quand même pris toutes les précautions possibles. Elle n’est pas venue seule à Innsbruck! Son claveciniste Pierre-Louis Rétat l’a assisté dans cette démarche. Une bonne technique pour diviser le stress en deux, ou plutôt le porter !

Capucine enregistrera son premier CD avec Chiome d’Oro en septembre, puis chantera en janvier à Versailles, toujours sous la baguette de Alarcon.

http://www.capucinekeller.com