Steinbrück et Merkel (photo BFM TV)

Jeudi 19 septembre, la branche française de CNN, le célèbre média international, après un petit déjeuner presse très sympathique à l’hôtel Fouquet’s a convié une poignée de journalistes (aussi bien d’Europe 1, des Echos, du Figaro que des jeunes tels que Radio VL) autour de Bruno Le Maire (ancien ministre), ainsi que d’un industriel allemand établi en France le Docteur  Andreas Görgen (directeur de la division fossil energy et des relation franco-allemandes chez Siemens) pour discuter de la question des élections législatives allemandes à venir. L’animatrice de CNN Nina Dos Santos animait le débat en compagnie de Hélène Kôhl (Europe1) et de Catherine Chatignoux (Les Echos).

 

Outre le sujet des législatives allemandes qui appartiennent à un futur proche et n’offrent que des hypothèses pour le moment, la question de la place de l’Allemagne dans l’Europe face à la crise, a su enflammer le débat. L’hypothèse qui a été mise en avant par les intervenants, est celle d’une coalition entre le CDU (parti de Merkel avec plus de 40 % des suffrages selon les sondages récents) et le SDP. Le cadre de ces futures élections est assez serein, puisque Mme Merkel et son rival Steinbrück s’entendent bien. Et il n’y aurait donc aucune altération de l’économie allemande à craindre puisqu’elle est déjà la plus compétitive d’Europe notamment en terme d’exportation vers la Chine, il s’agit du seul pays dont le seuil est positif. La posture économique du pays a été très discutée lors de cette session. L’Allemagne connaît une stabilité dans ses dépenses publiques et une compétitivité hors pair dans sa productivité. Et malgré la crise qui a beaucoup évolué ces dernières années, la relation franco-germanique demeure cordiale mais pourrait être facilitée à l’avenir si les deux pays se situaient sur la même marge d’efficacité.

Malgré leur situation économique supérieure aux autres pays de l’UE, les allemands sont solidaires et contribueront à payer pour résoudre la crise. Sauf un des partis représentés aux élections législatives, qui connaît un regain de nationalisme. Il s’agit de l’AFD dont les militants anti européens prônent un retour au Deutschemark (ancienne monnaie avant l’euro). Mais ils sont loin d’être majoritaires… Un commentaire du Dr. Görgen très pertinent devrait être pris en compte par les consensus gouvernementaux : « Il serait nécessaire qu’il y ait une solidarité entre les industriels européens pour une meilleur productivité. »  On estime à plus de trois mille ne nombre d’industries allemandes en France.

 

Lors de la réunion nous nous sommes demandés si le cadre de l’Etat Nation était encore d’actualité ? D’après Görgen, avec le système Erasmus les jeunes se plaisent à voyager dans le monde et sont de moins en moins sédentaires dans leur travail.

Bruno Le Maire quant à lui définirait comme véritable défi politico-économique non pas la question de la compétitivité que l’on a de cesse de mentionner mais davantage celle de l’énergie nucléaire. Rappelons que l’Allemagne a mis en place un plan de retrait du nucléaire d’ici 2022, ce qui pourrait avoir un impact néfaste sur les factures énergétiques des allemands qui s’élèveraient jusqu’à trois cent, cinq cent euros.

 

Ainsi il ne faudrait pas se plaindre d’une croissance trop élevée en Allemagne bien au contraire. En revanche une mise à niveau de la France serait bénéfique et lui permettrait d’être enfin à égal avec l’économie allemande. L’ancien ministre prétendrait que ce sont les choix nationaux non coopératifs qui conduiraient à des échecs gouvernementaux.Il a illustré ses propos par cette phrase : «  Il faut que l’Allemagne soit européenne et non pas que l’Europe soit allemande. »

Concernant l’actualité internationale, il y a une déception des allemands de façon générale au sujet de l’implication de divers pays dont la France en Syrie, Mali.

 

En dernière partie de la conférence Nina Dos Santos a demandé à l’ensemble des intervenants leurs prédictions pour le 22 septembre lors des législatives allemandes.

Bruno Le Maire serait « étonné si Angela Merkel n’était pas reconduite comme chancelière ». Enfin selon Hélène Kôhl « L’hypothèse la plus probable est celle d’une coalition entre le CDU et le SPD » car Merkel n’obtiendrait pas avec son seul parti une majorité suffisamment confortable.

 

 

 

Victoire Chevreul.