Suite à une audition des dirigeants de C8, mercredi 7 juin, le CSA a décidé de sanctionner l’émission phare de la chaîne de la TNT. En effet « Touche pas à mon poste » sera privée de coupures publicitaires, avant, pendant et après l’émission. Cela pour une durée de 3 semaines.

Après le dépôt de presque 40 000 plaintes contre « Touche pas à mon poste » le CSA a décidé d’agir. Les peines appliquées par le Conseil à l’encontre de C8 sont en rapport avec des faits remontant à novembre et décembre.

La chaîne du groupe Canal se voit donc interdite « de diffuser des séquences publicitaires pendant cette émission, ainsi que quinze minutes avant et quinze minutes après sa diffusion. »

Les faits punis ici ne sont pas les plus récents. En effet, le CSA a décidé de statuer sur deux émissions en particulier, celles du 3 novembre et du 7 décembre 2016. Dans la première on y voyait Cyril Hanouna faire une caméra cachée à Matthieu Delormeau dans laquelle l’animateur lui faisait croire qu’il était responsable d’un homicide.

« En diffusant cette séquence, C8 a gravement méconnu son obligation de faire preuve de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier les personnes. » CSA

La deuxième séquence sur laquelle statuait le CSA, fait écho à l’agression sexuelle commise par Cyril Hanouna sur l’une des chroniqueuses, Capucine Anav. L’animateur lui avait fait toucher son sexe.

« Cette scène méconnaissait les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 qui lui donnent la responsabilité de lutter contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes, en particulier dans les émissions ayant un impact important sur le jeune public. » CSA

Quelles retombées pour la chaîne ?

Outre les multiples bad buzz qu’engendre l’émission, C8 va être surtout touchée par des retombées économiques conséquentes. En effet, la chaîne presque dépendante de l’animateur-star et surtout de « Touche pas à mon poste » ne touchera aucun revenu publicitaire sur l’émission pendant trois semaines. Un énorme coup dur pour la chaîne qui, selon le Figaro, engendrerait 150 000 à 200 000 euros net par émission grâce à la pub.

D’autres sanctions à venir ?

En effet lors de l’audition du 7 juin, le CSA n’a pas condamné les séquences jugées homophobes par le public et les réseaux sociaux qui ont eu lieu lors de l’émission spéciale, « Radio Baba ». Cette émission avait une séquence dans laquelle, l’animateur piégeait des homosexuels par téléphone, allant parfois jusqu’à dévoiler leur nom.

Pour l’instant le CSA n’a pas encore statué sur des sanctions concernant cette émission spéciale mais il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’elles seront au moins aussi sévères et peut-être plus rapides que celles données le 7 juin.

Les sanctions pouvant être appliquées par le CSA peuvent être : l’apposition d’une signalétique jeunesse, la suspension du programme ou encore une fois frapper le portefeuille de C8 avec une amende pouvant aller jusqu’à 3% du chiffre d’affaires de la chaîne.

Du jamais vu jusqu’à aujourd’hui dans l’histoire de la télé française. Reste à savoir si C8 sanctionnera Cyril Hanouna dans les prochains jours, ou peut-être qu’un simple sermon suffira pour l’enfant terrible du PAF.