En Angleterre, un écolier de 10 ans a subi un interrogatoire de la part de la police. Lors d’un cours d’anglais, l’enfant a écrit « Je vis dans une maison terroriste » (I live in a terrorist house) en voulant écrire « Je vis dans une maison mitoyenne » (I live in a terraced house).

Une petite faute d’orthographe sur un cahier d’écolier dans une école du Lancashire (nord-est de l’Angleterre) aura eu des conséquences inattendues. Le 7 décembre dernier, un écolier musulman de 10 ans a écrit lors d’un cours d’anglais « Je vis dans une maison terroriste » alors qu’il voulait écrire « Je vis dans une maison mitoyenne« .

Le lendemain, alertée par l’école, la police est venue interroger l’écolier chez lui et examiner l’ordinateur familial. Sa famille a déclaré à la BBC que l’enfant était traumatisé depuis les faits et qu’il n’osait plus écrire. « J’ai d’abord cru à une blague, a déclaré sa cousine, dont l’identité n’a pas été divulguée pour protéger l’enfant. Si l’enseignant avait une inquiétude à se faire, c’est au sujet de son orthographe. »

Depuis le mois de juillet, les enseignants britanniques sont tenus de déclarer toute attitude extrémiste dans le cadre de la législation antiterroriste.

Plusieurs dizaines de cas similaires au Royaume-Uni

Ce n’est pas la première fois que ce genre de mésaventure s’est déroulé au Royaume-Uni. Miqdaad Versi, le secrétaire général adjoint du Conseil des musulmans du Royaume-Uni (MCB), a déclaré que plusieurs cas similaires lui ont été rapportés et s’est dit « très inquiet » des dérives de la loi antiterroriste.

En septembre dernier, un adolescent de 14 ans a été longuement interrogé par les services de protection de l’enfance sur ses liens supposés avec l’Etat islamique. Il avait employé le mot « écoterroristes » en classe. Le garçon avait employé ce terme, en français, lors d’un cours de français où il était question d’écologie et de l’usage de la violence pour défendre la cause verte, dans son école du centre de Londres.