Plusieurs milliers de personnes ont défilé mercredi dans les grandes villes du Venezuela en opposition au président Nicolas Maduro. Trois personnes ont été tuées lors de ces rassemblements.

La vague de protestations contre le président vénézuélien a débuté le 1er avril lorsque la Cour suprême a décidé de s’arroger les prérogatives du Parlement. Elle a fait machine arrière 48 heures plus tard suite au tollé diplomatique que cette décision a entraîné. Les opposants toutefois ont dénoncé une tentative de coup d’État et réclament désormais le départ anticipé de Nicolas Maduro.

Trois morts et une trentaine de personnes arrêtées mercredi

Des centaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi à Caracas et dans d’autres grandes villes du Venezuela. Deux opposants et un militaire ont trouvés la mort lors de ces rassemblements.

Un adolescent de 17 ans a été touché à la tête par les tirs d’un groupe d’inconnus à moto. Les hommes visaient apparemment un rassemblement d’opposants à San Bernardino. Le jeune homme est décédé de ses blessures, d’après Amadeo Leiva, directeur de la clinique où il avait été transporté. Une femme de 23 ans a également « reçu un tir dans la tête » à San Cristobal, selon une source du parquet sous le couvert de l’anonymat. Sa mort est survenue « dans le cadre des manifestations » d’après l’ONG Provea. Des témoins ont indiqué que les auteurs des tirs faisaient partie dans les deux cas des  « colectivos, » des groupes de civils armés par le gouvernement selon l’opposition.

Le parquet a confirmé à l’AFP la mort d’un militaire. « Ils viennent d’assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les ‘pacifiques’, » a déclaré à la télévision mercredi soir l’un des principaux responsables du pouvoir, Diosdado Cabello.

Depuis le début du mois d’avril, huit personnes ont été tuées et plus de 500 ont été arrêtées, d’après l’ONG Foro Penal.

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De nouvelles manifestations prévues jeudi

L’opposition vénézuélienne appelle à de nouvelles manifestations ce jeudi contre le président. « Demain à la même heure, nous appelons le peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser, » a déclaré mercredi le dirigeant de l’opposition Henrique Capriles lors d’une conférence de presse.

Un plan de défense renforçant la présence policière et militaire a été activé mardi par Nicolas Maduro. Les accès de la capitale ont été bloqués mercredi par un important déploiement policier et militaire. Les forces de l’ordre repoussaient les manifestants avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Les opposants répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov. « Il faut sortir de cette dictature. Nous sommes fatigués, nous voulons des élections pour que Maduro s’en aille du pouvoir, car il a détruit le pays, » a déclaré Ingrid Chacon, une manifestante de 54 ans brandissant le drapeau vénézuélien.

Un « coup d’État terroriste » formenté par les Etats-Unis, selon Maduro

Dans la capitale, des manifestants défilaient également en faveur du président, parfois à quelques mètres seulement des opposants. Certains brûlaient des drapeaux américains en signe de colère.

Nicolas Maduro a annoncé mercredi qu’il était « en train de démanteler le coup d’Etat terroriste » fomenté selon lui par les Etats-Unis grâce à son plan de défense. En effet, le président vénézuélien avait accusé lundi 10 avril les Etats-Unis de vouloir faire éclater le pays. « La vérité vraie est que l’ordre a été donné à Washington pour le « zéro dialogue » au Venezuela, dans le but de faire éclater notre pays et (permettre) une invasion étrangère, » avait-il alors déclaré.

Ces accusations « infondées et déraisonnables » ont été rejetées par Washington, par la voix de son représentant intérimaire à l’Organisation des Etats américains (OEA), Kevin Sullivan. « Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement de Maduro viole sa propre Constitution et n’autorise pas l’opposition à faire entendre sa voix, » a ajouté le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

De nouvelles élections seraient un risque pour le chef d’Etat, puisque sept Vénézuéliens sur dix souhaitent son départ, d’après Le Point.

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